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	<title>EcoloTech Ing&#233;nierie &#233;cologique au service de l'agriculture et du d&#233;veloppement durable</title>
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	<description>Ce site, cr&#233;&#233; par Yvan Besson, est d&#233;di&#233; &#224; la recherche et au conseil en ing&#233;nierie &#233;cologique (Ecological Engineering). Les domaines privil&#233;gi&#233;s sont l'&#233;tude des diff&#233;rentes techniques de l'agriculture &#233;cologique, la planification territoriale du d&#233;veloppement &#233;cologique, ainsi que les processus technologiques et sociaux favorisant un d&#233;veloppement technique durable (biod&#233;gradation des mat&#233;riaux et produits, &#233;cologie industrielle, recyclage).</description>
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		<title>EcoloTech Ing&#233;nierie &#233;cologique au service de l'agriculture et du d&#233;veloppement durable</title>
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		<title>Biographies des fondateurs des mouvements de l'agriculture biologique contemporaine</title>
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		<dc:date>2007-11-03T00:47:30Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jacques PYRAT</dc:creator>



		<description>Sir Albert Howard et l'agriculture naturelle Enfance et formation du p&#232;re du mouvement d'agriculture organique Albert Howard est n&#233; en Angleterre en 1873. Il est &#233;lev&#233; sur la ferme de polyculture&#8211;&#233;levage de ses parents. L'exp&#233;rience pratique de l'agriculture, dans son enfance, l'am&#232;ne plus tard &#224; se d&#233;fier des agronomes &#171; ermites de laboratoire &#187;. La jeunesse qu'il a, r&#233;gl&#233;e et int&#233;ressante, g&#233;n&#233;reuse dans son traitement de l'homme et des b&#234;tes, le marque profond&#233;ment. Pour Louise Howard, sa seconde &#233;pouse, (...)

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&lt;a href="http://www.ecolotech.eu/-Biographies-des-fondateurs-des-mouvements-de-l-agriculture,12-.html" rel="directory"&gt;Biographies des fondateurs des mouvements de l'agriculture biologique contemporaine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Sir Albert Howard et l'agriculture naturelle&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Enfance et formation du p&#232;re du mouvement d'agriculture organique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Albert Howard est n&#233; en Angleterre en 1873. Il est &#233;lev&#233; sur la ferme de polyculture&#8211;&#233;levage de ses parents [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans le Shropshire, pr&#232;s du Pays de Galles.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. L'exp&#233;rience pratique de l'agriculture, dans son enfance, l'am&#232;ne plus tard &#224; se d&#233;fier des agronomes &#171; ermites de laboratoire &#187;. La jeunesse qu'il a, r&#233;gl&#233;e et int&#233;ressante, g&#233;n&#233;reuse dans son traitement de l'homme et des b&#234;tes, le marque profond&#233;ment. Pour Louise Howard, sa seconde &#233;pouse, les souvenirs d'une jeunesse pass&#233;e dans une ambiance assez ais&#233;e, expliquent l'esprit plut&#244;t g&#233;n&#233;reux et peu mat&#233;rialiste dont Howard fait preuve dans ses relations humaines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est tr&#232;s jeune lors de la crise agricole de 1879. Cette date marque la fin d'une &#233;poque pour l'agriculture anglaise. C'est aussi, &#224; ce moment, que son p&#232;re meurt et que de nombreux moutons sont touch&#233;s par une maladie. A partir de l'&#226;ge de quatorze ans, il est oblig&#233; de s'occuper lui-m&#234;me de son &#233;ducation. Il obtient des bourses et fait des &#233;tudes, d'abord au Coll&#232;ge Royal de Science de Kensington, o&#249; il obtient un dipl&#244;me de chimie avec la meilleure mention. En 1896, il obtient un dipl&#244;me de Sciences Naturelles, avec la meilleure mention, au Coll&#232;ge Saint John de Cambridge. Pendant ces premi&#232;res ann&#233;es, il &#233;tudie la physique, la chimie, la g&#233;ologie, et la m&#233;canique. C'est durant le temps de cette formation qu'il trouve une id&#233;e des principes de base qu'il va garder toute sa vie. Il insiste sur la bonne qualit&#233; des enseignements qu'il re&#231;oit. Ces premi&#232;res ann&#233;es d'&#233;tudes ont &#233;t&#233; tr&#232;s importantes pour lui, parce que l'on y traite en vision panoramique de toutes les sciences : il d&#233;fend l'id&#233;e que l'on a besoin d'une base large d'&#233;tudes g&#233;n&#233;rales, quelle que soit la sp&#233;cialisation que l'on prenne ensuite [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans son article sur la carri&#232;re d'Howard, Louise Howard insiste sur le fait (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]. En 1897, il est re&#231;u premier au dipl&#244;me agricole de la prestigieuse Universit&#233; de Cambridge, puis, en 1898, second au dipl&#244;me agricole national anglais.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Vers la nature : de la maladie &#224; l'entretien de la sant&#233; spontan&#233;e des &#234;tres vivants&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Entre 1899 et 1905, la premi&#232;re direction de recherche d'Howard est consacr&#233;e &#224; la&lt;em&gt; nature de la maladie&lt;/em&gt; des plantes [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Howard A., Testament Agricole, Pour une agriculture naturelle, Edition Vie (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]. En premier poste, de 1899 &#224; 1902, il est enseignant, assistant en sciences agricoles, aux Antilles britanniques, au Coll&#232;ge Harrison de Barbade. Bien que brillamment dipl&#244;m&#233;, Howard, fils d'agriculteur, garde, toute sa vie, un respect profond pour le travail des paysans. On le voit &#224; travers trois aspects de son attitude.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A Barbade, il s'&#233;tablit, tout d'abord, dans une attitude humble devant les paysans indig&#232;nes, en comprenant leur syst&#232;me de bouturage des cannes &#224; sucre. Les indig&#232;nes choisissent &#171; curieusement &#187; des boutures de cannes &#224; sucre qui ne sont pas en tr&#232;s bonne sant&#233;. En fait, ils choisissent &lt;em&gt;express&#233;ment&lt;/em&gt; ces plants, car ils les savent tr&#232;s pauvres en sucre. Or, les maladies et les champignons ont besoin de sucre pour survivre. Ce syst&#232;me de bouturage est devenu une tradition pour faire de nouveaux plants. Ce syst&#232;me du pass&#233; &#8211; indig&#232;ne &#8211; s&#233;lectionne des boutures m&#233;diocres. Mais &lt;em&gt;c'est le seul syst&#232;me pour que l'objectif soit atteint, et pourtant ce r&#233;sultat est juste le fruit d'une observation empirique&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me aspect de son attitude concerne le rapport &lt;em&gt;science / pratique.&lt;/em&gt; Souvent, les rendements des fermes sont inf&#233;rieurs &#224; ceux des parcelles exp&#233;rimentales. Au lieu de d&#233;noncer l'incomp&#233;tence des paysans &#224; mettre en &#339;uvre les &#171; innovations scientifiques &#187;, Howard insiste sur le devoir qu'ont, selon lui, les chercheurs, de prendre en ligne de compte, dans leur travail, les int&#233;r&#234;ts quotidiens des personnes pour qui ils travaillent. Il r&#233;agit par rapport &#224; la publication d'un coll&#232;gue chercheur au sujet du test sur parcelles d'essais. Sa critique porte sur la taille des parcelles d'essais, et, en particulier, sur le coefficient &#171; N &#187;, c'est-&#224;-dire le nombre d'&#233;chantillons test&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Allant au-del&#224; de l'agronomie proprement dite, il y a un troisi&#232;me &#233;l&#233;ment qui marque Howard d&#232;s la p&#233;riode de son travail aux Antilles. Howard parle de l'effort que devrait mener le chercheur pour compl&#233;ter ses exp&#233;riences du c&#244;t&#233; du domaine &#233;conomique. Pour Louise Howard, Albert Howard est coh&#233;rent avec sa d&#233;nonciation de la science confin&#233;e au laboratoire, puisqu'il n'a jamais &#233;t&#233; lui-m&#234;me un ermite de laboratoire. Il n'est pas satisfait des exp&#233;riences scientifiques qui ne couvrent pas le sujet de la canne &#224; sucre depuis le plant jusqu'au produit manufactur&#233; et commercialis&#233; &#171; sucre &#187;. Pour Howard, les &lt;em&gt;chercheurs doivent &#234;tre conscients des probl&#232;mes de fabrication et de commercialisation&lt;/em&gt;. Il ajoute que les r&#233;sultats qui ne tiennent pas compte de ces param&#232;tres ne valent pas la peine d'&#234;tre produits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_1 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:52px;'&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ecolotech.eu/sites/ecolotech.eu/IMG/ppt/Soutenance_Y._Besson.ppt&quot; type=&quot;application/vnd.ms-powerpoint&quot; title=&quot; Soutenance Th&#232;se Y Besson&quot;&gt;&lt;img src='http://www.ecolotech.eu/sites/ecolotech.eu/local/cache-vignettes/L52xH52/ppt-db89b.png' width='52' height='52' alt=' Soutenance Th&#232;se Y Besson {PowerPoint}' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fig. n&#176; 01 &#8211; Sir Albert Howard (1873-1947) [&lt;a href='#nbwww.seedsofchange.com' class='spip_note' rel='footnote' id='nhwww.seedsofchange.com'&gt;www.seedsofchange.com&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De 1902 &#224; 1905, il est de retour en Angleterre, comme botaniste, au coll&#232;ge de Wye, dans le Kent. Il est charg&#233; de poursuivre les travaux de son pr&#233;d&#233;cesseur, A. D. Hall, sur la culture du houblon. Par ses recherches, il va amener un fort changement dans la pratique des principaux producteurs de houblon [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Howard A., Hop Experiments, 1904 (article disponible aux archives du Coll&#232;ge (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]. Il commence par se rapprocher des producteurs, et remarque que ceux qui ont des probl&#232;mes ont pris l'habitude d'&#233;liminer les pieds m&#226;les de leurs plantations. Howard d&#233;couvre que la pollinisation acc&#233;l&#232;re la croissance, et augmente la r&#233;sistance du houblon aux pucerons et &#224; la rouille (une maladie fongique), deux probl&#232;mes faisant souvent beaucoup de d&#233;g&#226;ts [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Howard A., Farming and gardenning for health or disease, Chapitre 1, (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]. Gr&#226;ce aux exp&#233;riences et d&#233;monstrations d'Howard, les producteurs de houblon r&#233;introduisent les pieds m&#226;les dans leurs cultures. Howard, de son c&#244;t&#233;, tire de ce r&#233;sultat pratique une premi&#232;re inclination &#224; traiter les probl&#232;mes &#224; partir de la compr&#233;hension et du suivi de la &lt;em&gt;loi naturelle&lt;/em&gt;. L'&#233;limination des pieds m&#226;les est une large d&#233;viation de la loi naturelle, pour Howard. Les maladies apparaissent parce que &#171; la Nature ne peut pas &#234;tre d&#233;fi&#233;e longtemps &#187;. En fait, Howard a tr&#232;s t&#244;t ses id&#233;es de base. Dans une de ses premi&#232;res publications, en 1902, sur le traitement des maladies fongiques [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Howard A., The General treatment of fungo&#239;d pests, Imperial Department of (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;], comme le note Louise Howard, &#171; tout le contenu de son article est classique &#187;, sauf une phrase, qui montre d&#233;j&#224; son orientation d&#233;finitive : &#171; &lt;em&gt;D&#232;s le d&#233;but, il faut se souvenir que les champignons ne sont pas les seuls agents actifs dans la lutte. Quand les plantes sont en bonne sant&#233;, elles poss&#232;dent des pouvoirs vraiment tr&#232;s consid&#233;rables de d&#233;fense naturelle contre tous les parasites, y compris les champignons&lt;/em&gt; &#187;. Ces simples mots, mis en italique par Howard lui-m&#234;me, &#171; forment un r&#233;sum&#233; parfait de sa &lt;em&gt;th&#233;orie de la r&#233;sistance aux maladies &#187; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Howard L.-E., Sir Albert Howard's Carreer, in Soil and Health, Memorial (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/em&gt;. Cinq ans apr&#232;s le d&#233;but de ses recherches, en 1904, ce r&#233;sultat s'av&#232;re &#234;tre la premi&#232;re pi&#232;ce d'un travail vraiment couronn&#233; de succ&#232;s. Ce succ&#232;s lui donne un aper&#231;u sur la fa&#231;on dont la nature r&#232;gle son r&#232;gne, et il raffermit en lui la conviction que la m&#233;thode la plus prometteuse pour le traitement des maladies r&#233;side dans la pr&#233;vention. Mais, pour poursuivre de telles investigations, Howard consid&#232;re que le chercheur a besoin de champs et de houblons avec une libert&#233; compl&#232;te dans la fa&#231;on de les cultiver. Howard ne trouve pas de telles conditions de travail, originales par rapport &#224; la conception &#171; moderne &#187; de la recherche agronomique, r&#233;gnant &#224; Wye.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Howard, agronome progressiste mais humble devant les paysans&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Sa chance survient en 1905. Il accepte un poste de botaniste &#233;conomique au sein d'un Institut de Recherche Agricole que le vice-roi de l'Inde, Lord Curzon, &#233;tait en train de fonder &#224; Pusa, au Bengale [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Quand Howard arrive sur place, l'institut n'existe que sur le papier, mais (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]. Sa mission consiste en l'am&#233;lioration des c&#233;r&#233;ales et en la production de nouvelles vari&#233;t&#233;s, selon les m&#233;thodes modernes de s&#233;lection. Pendant dix-neuf ans il se consacre &#224; cette question et isole, teste, et distribue largement plusieurs vari&#233;t&#233;s de bl&#233; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Dont plusieurs r&#233;sistantes &#224; la rouille.' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;], de tabac, de lin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Conform&#233;ment au principe qu'il a adopt&#233;, de joindre la pratique &#224; sa th&#233;orie, il veut d'abord faire cultiver les c&#233;r&#233;ales qu'il a am&#233;lior&#233;es. L'agriculture nord-est indienne cultive les m&#234;mes champs de riz depuis des si&#232;cles. Qu'y a-t-il de plus sens&#233; que d'observer et d'apprendre d'une exp&#233;rience ayant pass&#233; un test de temps aussi prolong&#233; ? Il se trouve, justement, que les c&#233;r&#233;ales cultiv&#233;es dans le voisinage de Pusa sont remarquablement indemnes de maladies : les insecticides et fongicides ne trouvent pas leur place dans cet ancien syst&#232;me cultural. Avec ce constat, il d&#233;cide de lancer ses recherches sur de nouvelles bases, &#224; partir d'une id&#233;e qu'il avait eu d'abord aux Antilles, puis envisag&#233;e &#224; Wye : &lt;em&gt;observer ce qui se passe quand les insectes et les maladies fongiques sont autoris&#233;es &#224; se d&#233;velopper sans la moindre opposition, en n'utilisant que des m&#233;thodes indirectes pour pr&#233;venir les attaques [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Albert Howard n'est pas le p&#232;re de la th&#233;orie de la r&#233;sistance aux maladies. (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/em&gt;, telles des pratiques culturales am&#233;lior&#233;es ou des vari&#233;t&#233;s plus efficaces. Par suite, Howard en vient &#224; consid&#233;rer qu'il n'a, d'abord, pas mieux &#224; faire que &lt;em&gt;d'observer les pratiques des paysans locaux&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est aussi lors de l'observation du travail des paysans indiens qu'il (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; et de les consid&#233;rer, eux &lt;em&gt;et les maladies des plantes&lt;/em&gt;, comme &lt;em&gt;ses meilleurs professeurs&lt;/em&gt;. Ainsi, dans ses exp&#233;riences, il n'utilise aucun moyen curatif direct des maladies : ni insecticides ni fongicides, mais, &#233;galement, aucune destruction de plantes malades. Comme sa compr&#233;hension de l'agriculture indienne et sa pratique s'am&#233;liorent, une diminution marqu&#233;e de la maladie appara&#238;t dans ses c&#233;r&#233;ales. En 1910, il apprend comment faire cro&#238;tre des c&#233;r&#233;ales saines, pratiquement indemnes de maladies, &#171; sans la moindre aide de mycologue, entomologistes, bact&#233;riologistes, chimistes agricoles, statisticiens, centres de documentation, engrais artificiels, pulv&#233;risateurs, insecticides, fongicides, germicides, et tout l'autre attirail co&#251;teux de la station d'essai moderne &#187; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='Howard A., Farming and gardenning for health or disease, ibid.' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]. De m&#234;me, malgr&#233; les contacts avec un cheptel local m&#233;diocre, Howard parvient &#224; un &#233;levage de b&#339;ufs sains [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Au cours de cette p&#233;riode, Howard, en insistant aupr&#232;s de son administration (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]. Egalement, entre 1911 et 1918, l'exp&#233;rience d'Howard va s'&#233;largir consid&#233;rablement, par l'&#233;tude des probl&#232;mes d'irrigation et de la croissance des fruits. Il va aussi travailler sur les probl&#232;mes d'a&#233;ration du sol, pour &#233;viter les situations pathog&#232;nes o&#249; la flore du sol devient ana&#233;robie [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='D&#232;s cette p&#233;riode, la qualit&#233; de son travail commence &#224; &#234;tre largement reconnue (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]. Petit &#224; petit [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Howard A., Sir Albert Howard's Career, op. cit. Louise Howard explique (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;], au fil d'observations et de pratiques concordantes, Howard s'&#233;l&#232;ve &#224; une compr&#233;hension globale [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='Une compr&#233;hension v&#233;ritablement holiste, irr&#233;ductible &#224; l'addition de &#171; savoirs (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;], de l'agriculture &#171; naturelle &#187;, qu'il rassemble dans son &lt;em&gt;Testament agricole&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A partir de 1924, et jusqu'en 1931, il est directeur de l'Institut pour l'Industrie de la Plante, dans l'Etat d'Indore, un centre de recherches o&#249; il peut organiser la recherche autour de la question centrale de la fertilit&#233;, conform&#233;ment &#224; ses vues personnelles [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='T.A., p. 38.' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]. Avec son &#233;pouse Gabrielle et le chimiste Y. D. Wad, tous deux scientifiques &#233;galement, il va mettre au point une m&#233;thode d'am&#233;lioration du compostage qui le rend c&#233;l&#232;bre, d&#232;s les ann&#233;es 1930, le proc&#233;d&#233; Indore. Il travaille plus d'un quart de si&#232;cle &#224; mettre au point ce proc&#233;d&#233; de &#171; fabrication de l'humus &#224; partir des d&#233;chets v&#233;g&#233;taux et animaux &#187; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 37. Pr&#232;s du tiers des pages de son ma&#238;tre livre sont consacr&#233;es &#224; (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il se marie en 1905 avec Gabrielle Matthaei. Apr&#232;s la mort de Gabrielle, en 1930, il &#233;pouse Louise, sa s&#339;ur, et retourne en Grande-Bretagne, en 1931.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Howard ne travaille pas seul. Il travaille particuli&#232;rement avec ses deux &#233;pouses successives et avec de multiples collaborateurs, avec qui il &#233;change des centaines de lettres &#224; travers le monde entier. Le couple Gabrielle et Albert est surnomm&#233; les &#171; Sidney et Beatrice Webb de l'Inde &#187;, car leurs recherches sont le produit d'un travail d'&#233;quipe d&#233;vou&#233; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='Plusieurs fois, pour manifester publiquement la dimension collective de (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]. Apr&#232;s la mort d'Howard, Louise deviendra membre active de la Soil Association et une amie intime de Lady Eve Balfour. Elle travaillera &#224; faire conna&#238;tre l'&#339;uvre d'Howard, avec des &#233;crits tels &lt;em&gt;Sir Albert Howard's career&lt;/em&gt;, ou &lt;em&gt;Howard in India&lt;/em&gt;. Albert Howard est fait Chevalier en 1934. Il devient Professeur Honoraire du Coll&#232;ge Imp&#233;rial de Sciences en 1935 [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='footnote' title='L'aristocratie anglaise et la famille royale sont rest&#233;es amies de la (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]. Il &#233;crit fr&#233;quemment dans le journal &lt;em&gt;New English Weekly&lt;/em&gt;, pour qui il est un conseiller. Il est impliqu&#233; dans le &lt;em&gt;Club et Institut de R&#233;forme Economique&lt;/em&gt;, et dans le &lt;em&gt;Conseil pour l'Eglise et la Campagne&lt;/em&gt;. Il soutient le &lt;em&gt;Centre Pionnier de la Sant&#233;&lt;/em&gt;, et lance, en 1939, avec Sir Robert Mac Carrison, le journal &lt;em&gt;Medical Testament.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sir Albert Howard est le principal inspirateur du p&#232;re du mouvement agrobiologique am&#233;ricain, Jerome Irving Rodale (1898-1971), avec lequel il a correspondu jusqu'&#224; sa mort, et aussi le principal inspirateur de Lady Eve Balfour, la fondatrice de la Soil Association, le mouvement agrobiologique en Grande-Bretagne. Sir Albert Howard est aussi, chronologiquement, le p&#232;re du mouvement d'agriculture organique ou biologique mondial [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='footnote' title='Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, Rudolf Steiner n'est pas le pionnier de (...)' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]. Il meurt en 1947, &#224; Blackhealth, pr&#232;s de Londres.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les principes de l'agriculture naturelle d'Howard&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Sir Albert Howard a produit un travail tr&#232;s important, utile pour toute personne de bonne volont&#233; se posant des questions agricoles, &#233;cologiques, &#233;conomiques, historiques. On ne manque pas d'arguments pour consid&#233;rer son &#339;uvre comme une philosophie de la nature et de la culture [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='footnote' title='Commentant l'&#233;volution du travail de son mari, notamment autour du (...)' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]. On trouvera ci-dessous un abr&#233;g&#233; de ses principes essentiels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;La r&#233;sistance naturelle des plantes et animaux aux maladies&lt;/em&gt;. Pour ce qui concerne l'&#233;tat sanitaire des cultures ou des troupeaux, Howard en conclut que la maladie n'est pas une fatalit&#233; mais la cons&#233;quence d'un mauvais rapport &#224; la nature. Liant la sant&#233; des plantes dans la nature &#224; la fertilit&#233; des sols [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='footnote' title='Howard ne semble pas s'&#234;tre risqu&#233; &#224; r&#233;duire la question de la sant&#233; des (...)' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;], il propose d'am&#233;liorer la fertilit&#233; des champs pour abaisser les risques de pathologies. Il d&#233;fend le principe&lt;em&gt; &lt;/em&gt;de la&lt;em&gt; r&#233;sistance&lt;/em&gt; &lt;em&gt;aux maladies des plantes en bonne sant&#233;&lt;/em&gt;, plut&#244;t que la susceptibilit&#233; de telle ou telle plante &#224; telle ou telle maladie [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; It is well known that healthy and vigorous trees have the power of (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;Le primat de la nature en agriculture&lt;/em&gt;. Le p&#232;re de l'approche organique en agriculture rompt avec la d&#233;rive anthropocentriste et techniciste de l'agriculture : il renoue avec la tradition qui la consid&#232;re comme &lt;em&gt;un art de cultiver l'ordre pr&#233;existant de la nature&lt;/em&gt;. Il part de l'observation de la &#171; culture naturelle &#187; [&lt;a href='#nb25' class='spip_note' rel='footnote' title='T.A., Introduction.' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;] telle qu'on la voit, notamment, dans la for&#234;t, pour &#233;tudier les m&#233;canismes du d&#233;veloppement de la f&#233;condit&#233; de la terre. La &lt;em&gt;for&#234;t&lt;/em&gt;, et son humus, repr&#233;sente la figure g&#233;n&#233;rale mais &lt;em&gt;palpable&lt;/em&gt; de la nature, dans sa fertilit&#233; essentielle. La &lt;em&gt;nature &lt;/em&gt;est le &#171; principe actif &#187;, &#171; personnifi&#233;, qui anime, organise l'ensemble des choses existantes selon un certain ordre &#187; [&lt;a href='#nb26' class='spip_note' rel='footnote' title='Dictionnaire Le Robert.' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;]. La for&#234;t, personnifi&#233;e, donc, &#171; se fertilise elle-m&#234;me &#187; [&lt;a href='#nb27' class='spip_note' rel='footnote' title='T.A., p. 02.' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;]. On cherchera donc &#224; fertiliser les champs et d&#233;velopper l'agriculture en adoptant, et, si possible, en am&#233;liorant &#171; les principes de la Nature &#187;. Pour Howard, &lt;em&gt;la nature est le fermier et le jardinier supr&#234;me&lt;/em&gt;, l'&#233;tude de ses mani&#232;res nous fournit une direction saine et fiable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;La focalisation de l'attention sur la fertilit&#233; de la terre et non sur les plantes&lt;/em&gt; : &#171; Les bases d'une bonne culture r&#233;sident non pas tant au niveau de la plante qu'au niveau &lt;em&gt;du sol&lt;/em&gt; lui-m&#234;me : il y a une corr&#233;lation si intime entre l'&#233;tat du sol, c'est-&#224;-dire sa fertilit&#233;, et la croissance et la sant&#233; de la plante, qu'elle l'emporte sur chaque autre facteur &#187; [&lt;a href='#nb28' class='spip_note' rel='footnote' title='Farming and gardenning for health or disease, Chapitre 1, Introduction.' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]. En portant les sols &#224; leur plus haut niveau de fertilit&#233;, Howard a estim&#233; pouvoir tripler ses rendements [&lt;a href='#nb29' class='spip_note' rel='footnote' title='Son coll&#232;gue George Clarke confirma amplement ses r&#233;sultats : en augmentant (...)' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;L'origine biologique de la p&#233;dogen&#232;se et la n&#233;cessit&#233; du retour de tous les d&#233;chets organiques &#224; la terre pour entretenir sa fertilit&#233;&lt;/em&gt;. Howard s'oppose &#224; l'exploitation agricole et rappelle la n&#233;cessit&#233; de respecter les deux phases du cycle vital en agriculture. L'intensification agricole cons&#233;cutive &#224; la R&#233;volution industrielle a puis&#233; dans la r&#233;serve de fertilit&#233; des sols sans entretenir celle-ci &lt;em&gt;via&lt;/em&gt; l'attention minutieuse &#224; son taux d'humus. Les engrais de synth&#232;se NPK sont une sorte de faux succ&#233;dan&#233; de l'humus. Ils sont trompeurs : ils permettent de produire temporairement des r&#233;coltes abondantes mais ils ne contribuent pas &#224; l'entretien de la vie du sol, au contraire. L'axe agronomique, principal, de la critique howardienne de la fertilisation&lt;em&gt; min&#233;rale,&lt;/em&gt; propre &#224; &#171; mentalit&#233; NPK &#187;, est de d&#233;fendre &lt;em&gt;l'origine et le primat biologique de la fertilit&#233; des sols&lt;/em&gt;, sur toutes consid&#233;rations physico-chimique. L'approche NPK de l'agriculture est tributaire d'un raisonnement bien trop &#233;troit : pour maintenir &lt;em&gt;durablement&lt;/em&gt; la fertilit&#233;, Howard d&#233;fend &#171; &lt;em&gt;la grande&lt;/em&gt; &lt;em&gt;loi du retour&lt;/em&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire l'assiduit&#233; dans le retour de tous les d&#233;chets d'origine biologique &#224; la nature.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;Une agriculture efficace serait toujours une polyculture-&#233;levage&lt;/em&gt;. Dans la nature, la croissance de la biodiversit&#233; et de la biomasse, donc de la f&#233;condit&#233;, vont de pair. C'est la perspective &#233;cologique du &lt;em&gt;co-d&#233;veloppement mutuel des esp&#232;ces [&lt;a href='#nb30' class='spip_note' rel='footnote' title='Une perspective qui relativise l'importance de &#171; la survie du plus fort &#187; (...)' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/em&gt;. L'intrication des formes de vie v&#233;g&#233;tales et animales, dans la biosph&#232;re, est un mod&#232;le pour la ferme [&lt;a href='#nb31' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; In Nature animals and plants lead an interlocked existence. The connection (...)' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;]. Howard en tire l'excellence de la &lt;em&gt;mixed farm&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;L'agriculture naturelle est la base du progr&#232;s de la soci&#233;t&#233; humaine&lt;/em&gt;. Howard consid&#232;re qu'il y a un encha&#238;nement logique qui va des sols fertiles aux nourritures saines et &#224; la bonne sant&#233; des gens. Lorsque l'on oublie que le souci d'une agriculture saine doit avoir la priorit&#233; sur tous les autres besoins secondaires, en particulier les int&#233;r&#234;ts financiers des entreprises, les soci&#233;t&#233;s courent invariablement &#224; la d&#233;cadence [&lt;a href='#nb32' class='spip_note' rel='footnote' title='Testament agricole, p. 06-09 et 204-206.' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;Tout chercheur en agriculture doit &#171; r&#233;unir en lui la pratique et la science &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb33' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 206. Voir aussi les pages 171-203 et 206-208.' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;]. Pour &#233;viter l'enfermement des chercheurs dans leurs &#171; tours d'ivoire &#187; et que leurs sp&#233;cialisations ne leur fasse perdre de vue l&lt;em&gt;'objet&lt;/em&gt; de la recherche, Howard propose que les chercheurs se nourrissent du produit de leurs travaux : il n'y aurait plus des stations exp&#233;rimentales ne confirmant que leurs propres pr&#233;suppos&#233;s, d'un c&#244;t&#233;, et des paysans, en cons&#233;quence, &#171; r&#233;tifs au progr&#232;s &#187;, mais un r&#233;seau territorial de &lt;em&gt;fermes mod&#232;les &lt;/em&gt;et&lt;em&gt; exp&#233;rimentales, &lt;/em&gt;entour&#233;es de paysans-chercheurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pr&#233;sentons maintenant la vie et l'agriculture de Rudolf Steiner, le fondateur d'un mouvement dont le succ&#232;s, dans plusieurs domaines, occulte encore trop souvent l'existence ant&#233;rieure des travaux d'Howard, tout comme l'existence du courant allemand d'agriculture naturelle, issue directement de la mouvance de r&#233;forme de la vie (&lt;em&gt;Lebensreform&lt;/em&gt;), que nous &#233;voquerons dans la deuxi&#232;me partie.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Rudolf Steiner : l'agriculture bio-dynamique&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Rudolf Steiner, un enfant surdou&#233; et hypersensible&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Rudolf Steiner est n&#233; le 27 f&#233;vrier 1861 &#224; Kraljevic, un petit village hongrois (actuellement en Slov&#233;nie), de parents autrichiens de condition modeste. Il est mort &#224; Dornach, pr&#232;s de B&#226;le (Suisse), en 1925. Ses parents quittent le domaine f&#233;odal, o&#249; ils demeurent, et o&#249; le p&#232;re est garde-chasse, pour pouvoir se marier, malgr&#233; l'opposition de leur seigneur. Le p&#232;re fait ensuite une carri&#232;re aux chemins de fer austro-hongrois. La vie de la famille Steiner est alors rythm&#233;e par les d&#233;m&#233;nagements. Rudolf Steiner est l'a&#238;n&#233; de trois enfants. Tr&#232;s t&#244;t, le jeune Rudolf se distingue par une intuition et une sensibilit&#233; extr&#234;mes, presque anormales, et par des facult&#233;s intellectuelles tout &#224; fait hors du commun. D'une part, il est fascin&#233; par les math&#233;matiques : &lt;em&gt;&#171; C'est par la g&#233;om&#233;trie que j'ai connu le bonheur pour la premi&#232;re fois. Je sentais, quoique ne pouvant &#233;videmment pas le formuler clairement, qu'il fallait porter en soi la connaissance du monde spirituel comme une g&#233;om&#233;trie &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb34' class='spip_note' rel='footnote' title='Steiner R., Une autobiographie, Ed. Alice Sauerwein, PUF, Paris, p. (...)' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;]. D'autre part, il est un enfant qui s'interroge grandement sur le monde suprasensible. Il note ainsi dans son autobiographie intellectuelle [&lt;a href='#nb35' class='spip_note' rel='footnote' title='Xavier Florin nous pr&#233;cisa en entretien qu'il s'agit d'une autobiographie (...)' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;] : &lt;em&gt;&#171; Etant enfant, je me disais : les objets et les &#233;v&#233;nements que les sens per&#231;oivent se situent dans l'espace. Mais de m&#234;me que cet espace est au-dehors de l'homme, il existe au-dedans de lui une sorte d'espace psychique qui est le th&#233;&#226;tre d'entit&#233;s et d'&#233;v&#233;nements spirituels. Pour moi, les pens&#233;es n'&#233;taient pas simplement des images que l'homme se fait des choses, mais j'y voyais des manifestations d'un monde spirituel au sein de cet espace psychique &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb36' class='spip_note' rel='footnote' title='Steiner R., Autobiographie, 2 volumes, EAR, 1923-1925. Je souligne. Il (...)' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;]. Bien que son p&#232;re soit &#171; libre-penseur &#187; et ne fr&#233;quente jamais l'&#233;glise, Rudolf Steiner s'y sent pourtant attir&#233; : &lt;em&gt;&#171; La c&#233;l&#233;bration du culte me paraissait &#234;tre l'interm&#233;diaire entre le monde sensible et le monde suprasensible &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb37' class='spip_note' rel='footnote' title='Steiner R., Une autobiographie, op. cit., p. 27.' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est admis, &#224; dix huit ans, &#224; l'Ecole sup&#233;rieure technique de Vienne, - l'&#233;quivalent de l'Ecole Polytechnique en France -, pour y devenir ing&#233;nieur, mais il est beaucoup plus int&#233;ress&#233; par la philosophie. C'est ainsi qu'un jour, passant devant une librairie, il d&#233;couvre la &lt;em&gt;Critique de la raison pure&lt;/em&gt; de Kant, puis les ouvrages de Fichte et enfin ceux de Hegel. Passionn&#233; par les cours de Franz Brentano [&lt;a href='#nb38' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Steiner R., Une autobiographie, Ed. Alice Sauerwein, p. 60-61. Franz (...)' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;], le jeune homme consacre d&#233;sormais le plus clair de son temps &#224; l'&#233;tude de la philosophie. Bient&#244;t il rencontre un vieil homme qui cueille des plantes m&#233;dicinales. Celui-ci le met en contact avec un guide spirituel, qui l'encourage &#224; poursuivre ses &#233;tudes, afin de mieux se familiariser avec la mentalit&#233; scientifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A vingt ans, en 1881, il re&#231;oit une initiation rosicrucienne. Il participe activement &#224; la vie culturelle et occultiste de son temps. Il adh&#232;re au rite Memphis-Misra&#239;m, dirig&#233; par Th&#233;odor Reuss (1855-1924), un journaliste allemand f&#233;ru d'occultisme et franc-ma&#231;on marginal. Th&#233;odor Reuss sera cofondateur de l'Ordo Templi Orientis (l'Ordre du Temple Oriental) [&lt;a href='#nb39' class='spip_note' rel='footnote' title='Le groupe O.T.O. existe toujours et a &#233;t&#233; class&#233; &#171; secte &#187; dans le rapport (...)' id='nh39'&gt;39&lt;/a&gt;]. De 1879 &#224; 1891, Rudolf Steiner continue son parcours de recherche entre &#233;tude de la philosophie, des sciences naturelles, et initiation &#224; l'&#233;sot&#233;risme. Au terme de ces ann&#233;es pass&#233;es &#224; Vienne, il poss&#232;de un doctorat en philosophie et &lt;em&gt;&#171; divers dipl&#244;mes scientifiques : il aura &#233;tudi&#233; la physique, la chimie, la biologie, l'anatomie, la botanique &#187; [&lt;a href='#nb40' class='spip_note' rel='footnote' title='Verlinde J.-M., Quand le voile se d&#233;chire&#8230;, Le d&#233;fi de l'&#233;sot&#233;risme au (...)' id='nh40'&gt;40&lt;/a&gt;].&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;couverte de Goethe et la premi&#232;re &#171; illumination &#187; de Steiner&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;En 1891, Steiner quitte Vienne, et, int&#233;ress&#233; par l'&#339;uvre &#171; scientifique &#187; de Johann Wolgang Goethe, il devient collaborateur du centre d'archives Goethe &#224; Weimar. Il occupe des fonctions d'archiviste et participe ainsi pendant sept ans &#224; l'&#233;dition des &#339;uvres compl&#232;tes de Goethe, en &#233;tant charg&#233; de la surveillance de la r&#233;&#233;dition de l'ensemble de ses &#233;crits &#224; vis&#233;e scientifique. Ce travail lui permet &lt;em&gt;&#171; d'approfondir &#224; la fois la pens&#233;e de son ma&#238;tre dans ses aspects les plus secrets, et sa propre connaissance de l'&#233;sot&#233;risme &#187; [&lt;a href='#nb41' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 149.' id='nh41'&gt;41&lt;/a&gt;]. &lt;/em&gt;Cette exp&#233;rience comptera toute sa vie et il la fera fructifier. Selon Joseph Marie Verlinde, il consid&#233;ra toute sa vie Goethe &lt;em&gt;&#171; comme son ma&#238;tre &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb42' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 148.' id='nh42'&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;em&gt;.&lt;/em&gt; C'est en &#233;tudiant ces travaux qu'il &lt;em&gt;&#171; comprend que la science mat&#233;rialiste ne peut atteindre que le monde inanim&#233;, alors que les ouvrages scientifiques de l'auteur de Faust &#233;tablissent un pont entre la nature et l'esprit &#187; [&lt;a href='#nb43' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.' id='nh43'&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/em&gt;. Cependant, il estime que Goethe &lt;em&gt;&#171; n'allait pas assez loin dans l'approche spirituelle et chercha &#224; d&#233;velopper une autre approche de la connaissance &#224; travers la recherche d'un &#233;tat de conscience permettant d'acc&#233;der &#224; la &#171; v&#233;rit&#233; &#187; des choses &#187; [&lt;a href='#nb44' class='spip_note' rel='footnote' title='Ari&#232;s P., Anthroposophie : enqu&#234;te sur un pouvoir occulte, Editions Golias, (...)' id='nh44'&gt;44&lt;/a&gt;].&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;C'est &#233;galement &#224; Weimar que Steiner rencontre Elisabeth Forster, la s&#339;ur de Nietzsche, et Nietzsche lui-m&#234;me, mais &#224; la fin de sa vie, alors qu'il &#233;tait devenu d&#233;ment. Et c'est devant ce grand penseur devenu fou &lt;em&gt;&#171; qu'il eut sa premi&#232;re &#171; illumination &#187; &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb45' class='spip_note' rel='footnote' title='Verlinde J.-M., op. cit., p. 149.' id='nh45'&gt;45&lt;/a&gt;] :
&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&#171; Il reposait sur un divan, l'esprit envelopp&#233; dans les brumes de sa folie. Et voici la vision que j'eus dans cette chambre : l'&#226;me de Nietzsche planait au-dessus de son front, sans limites et d&#233;j&#224; irradi&#233;e de lumi&#232;re spirituelle, libre dans ces mondes de l'esprit dont elle avait eu la nostalgie avant la chute dans les t&#233;n&#232;bres, mais sans pouvoir les d&#233;couvrir. Elle &#233;tait encore encha&#238;n&#233;e au corps qui ne la percevait plus que tout juste assez pour avoir la nostalgie de ce monde. L'&#226;me de Niezsche &#233;tait encore l&#224; ; mais elle ne pouvait plus maintenir que du dehors ce corps qui l'emp&#234;chait, pour autant qu'il &#233;tait encore li&#233; &#224; elle, de s'&#233;panouir dans sa pleine lumi&#232;re. Auparavant, j'avais lu Nietzsche. Et maintenant, je contemplais l'homme qui avait port&#233; en lui, ramen&#233;es d'un lointain au-del&#224; spirituel, des id&#233;es dont la beaut&#233; gardait un reflet de lumi&#232;re, bien qu'en route elles avaient perdu leur rayonnement primitif. Son &#226;me avait rapport&#233; de ses vies ant&#233;rieures un tr&#233;sor lumineux auquel il n'avait pu rendre dans cette vie tout son &#233;clat. Si j'avais admir&#233; autrefois l'&#233;crivain, je d&#233;couvrais maintenant cette vision resplendissante &#187;&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb46' class='spip_note' rel='footnote' title='Rihou&#235;t-Coroze S., Qui &#233;tait Rudolf Steiner ?, Triades, Paris, 1973, p. 94, (...)' id='nh46'&gt;46&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Initiations franc-ma&#231;onnes et rosicruciennes, entr&#233;e en Th&#233;osophie&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;A partir de 1897, il quitte Weimar et devient r&#233;dacteur d'une revue litt&#233;raire, le &lt;em&gt;Magazin f&#252;r Litteratur&lt;/em&gt;. Il intervient comme enseignant &#224; l'Universit&#233; populaire (marxiste). Les socialistes de cette universit&#233; se s&#233;parent de lui apr&#232;s avoir d&#233;couvert son id&#233;ologie. N&#233;anmoins, selon l'interpr&#233;tation anthroposophique, face &#171; aux blocages culturels qu'exprimerait le comportement des chefs socialistes &#187;, la lecture de l'histoire selon Steiner a de l'attrait sur les ouvriers auditeurs de l'Universit&#233; populaire [&lt;a href='#nb47' class='spip_note' rel='footnote' title='M&#252;cke J. et Rudolf A.-A., Souvenirs : Rudolf Steiner et l'universit&#233; de (...)' id='nh47'&gt;47&lt;/a&gt;]. Cette scission avec les socialistes semblait de toute fa&#231;on in&#233;vitable car Steiner entretenait &#233;galement depuis 1897 des relations avec quelques membres de la soci&#233;t&#233; Th&#233;osophique Mondiale, groupe qui ne passait pas pour &#234;tre des plus r&#233;volutionnaires. Aupr&#232;s de ces personnes il trouve une inspiration li&#233;e &#224; celle qu'il avait trouv&#233;e chez Goethe, lequel &#233;tait initi&#233; aux arcanes du rosicrucianisme. En 1899, il &#233;pouse une veuve, m&#232;re de cinq enfants, Anna Eunique, dont il se s&#233;pare assez rapidement. La m&#234;me ann&#233;e, il publie une explication de l'herm&#233;tisme de Goethe, sous forme de conte fantastique, intitul&#233;e &lt;em&gt;Le serpent vert et le beau lys&lt;/em&gt;. Int&#233;ress&#233;e par ce texte, la soci&#233;t&#233; Th&#233;osophique de Berlin contacte Rudolf Steiner et lui propose de donner une s&#233;rie de conf&#233;rences.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fig. n&#176; 02 &#8211; Rudolf Steiner (1861-1925) [&lt;a href='#nbwww.anthroposophy.org.uk' class='spip_note' rel='footnote' id='nhwww.anthroposophy.org.uk'&gt;www.anthroposophy.org.uk&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, Rudolf Steiner ne fut pas un enthousiaste de la Th&#233;osophie : il ne se fait admettre dans cette Soci&#233;t&#233; qu'en 1902, soit cinq ann&#233;es apr&#232;s ses premiers contacts avec des membres. Sous l'influence de cette brillante recrue, les Loges se multiplient en Allemagne, o&#249; la progression stagne depuis quelques ann&#233;es. C'est dans le milieu th&#233;osophe qu'il fait la connaissance de Marie Von Sivers, une aristocrate d'origine russe, de grande culture, &#233;tudiante en art dramatique, qui deviendra son &#233;pouse en 1914, trois ans apr&#232;s la mort de sa premi&#232;re femme. En 1905 ou 1906 il re&#231;oit une patente de Th&#233;odor Reuss pour fonder &#224; Berlin un Grand Conseil de l'Ordre de Memphis-Misra&#239;m. Selon G&#233;rard Galtier, Steiner aurait &#233;t&#233; initi&#233; &#224; l'Ordre de la Rose-Croix Esot&#233;rique de Franz Hartmann, l'un des principaux dirigeants de la Soci&#233;t&#233; Th&#233;osophique allemande, et ami de Th&#233;odor Reuss. &#171; A cette &#233;poque, Steiner essaye de cumuler comme Papus l'ensemble des diverses initiations ma&#231;onniques et rosicruciennes, dans le but de fonder une esp&#232;ce d'union occultiste internationale sous sa propre direction. En fait il entre en conflit avec Reuss et Hartmann et reprend son ind&#233;pendance. Plus tard, &#224; partir des &#233;l&#233;ments initiatiques qu'il avait su amasser de tous c&#244;t&#233;s, Steiner fonde son propre Rite, la &#171; Franc-Ma&#231;onnerie Esot&#233;rique &#187;, &#224; laquelle Edouard Schur&#233; aurait &#233;t&#233; initi&#233; &#187; [&lt;a href='#nb48' class='spip_note' rel='footnote' title='Galtier G., Ma&#231;onnerie Egyptienne, Rose-Croix et N&#233;o-Chevalerie, Ed. du (...)' id='nh48'&gt;48&lt;/a&gt;].
&lt;br /&gt;Le th&#233;osophe Edouard Schur&#233; introduit Steiner en France &#224; partir de 1906, o&#249; il participe au Congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration des sections europ&#233;ennes de la Soci&#233;t&#233; &#224; Paris. Il rendra compte de ce congr&#232;s dans sa revue Lucifer-Gnosis. Lors d'un congr&#232;s th&#233;osophique &#224; Londres, Marie de Sivers le pr&#233;sente &#224; Annie Besant, la directrice de la Soci&#233;t&#233; Th&#233;osophique Mondiale [&lt;a href='#nb49' class='spip_note' rel='footnote' title='La Soci&#233;t&#233; Th&#233;osophique a &#233;t&#233; fond&#233;e par Helena Petrova Blavatsky (1831-1891) et (...)' id='nh49'&gt;49&lt;/a&gt;]. Celle-ci, impressionn&#233;e par la personnalit&#233; de ce nouvel adepte, lui demande de seconder Marie qui venait de se voir confier la direction du cercle berlinois. Steiner s'acquitte avec tant d'ardeur de sa t&#226;che, qu'il est nomm&#233;, en 1905, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la section allemande de la Soci&#233;t&#233; Th&#233;osophique Mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Steiner publie autour de 1910 plusieurs ouvrages qui ont un retentissement consid&#233;rable. C'est aussi &#224; cette &#233;poque qu'il commence &#224; monter ses propres drames, assist&#233; par Marie de Sivers : &lt;em&gt;La porte de l'Initiation, L'Epreuve de l'&#194;me, Le Gardien du Seuil, Eurythmie&lt;/em&gt;. La publication de &lt;em&gt;La science occulte&lt;/em&gt; marque la premi&#232;re &#233;tape du diff&#233;rent avec Annie Besant. La directrice de la Soci&#233;t&#233; th&#233;osophique a install&#233; la direction de son mouvement &#224; Adyar, en Inde, et elle a adopt&#233; les m&#339;urs de ce pays. Elle est convaincue de la sup&#233;riorit&#233; des traditions orientales sur les cultures jud&#233;o-chr&#233;tiennes. Bien que &lt;em&gt;La&lt;/em&gt; s&lt;em&gt;cience occulte&lt;/em&gt; d&#233;bouche sur une &#171; r&#233;novation du christianisme &#187; [&lt;a href='#nb50' class='spip_note' rel='footnote' title='Verlinde J.-M., Quand le voile se d&#233;chire&#8230;, op. cit., p. 152.' id='nh50'&gt;50&lt;/a&gt;] &#224; partir de certains aspects de la pens&#233;e orientale, bouddhiste particuli&#232;rement, Rudolf Steiner reste attach&#233; &#224; une inspiration &#171; christique &#187;. Son souci de l'importance du Christ dans l'histoire le pousse &#224; prendre ses distances avec la th&#233;osophie o&#249; l'initiation hindoue est centrale. Annie Besant reproche &#224; Rudolf Steiner d'ignorer la voie orientale de la &#171; vraie &#187; Connaissance, tandis que Steiner est convaincu d'&#234;tre la r&#233;incarnation spirituelle de Mani, qu'il consid&#232;re &#234;tre un proph&#232;te initi&#233; par le Christ et qui serait parvenu &#224; r&#233;concilier la science et la religion, l'Inde et Babylone, le christianisme et les civilisations pa&#239;ennes. Rudolf Steiner rompt officiellement avec la Th&#233;osophie lorsque Besant pr&#233;tend avoir d&#233;couvert dans le jeune Krishnamurti la r&#233;incarnation du Christ.
&lt;br /&gt;La section allemande de la Soci&#233;t&#233; Th&#233;osophique demande, par t&#233;l&#233;gramme envoy&#233; au si&#232;ge d'Adyar, la d&#233;mission d'Annie Besant : en r&#233;ponse, celle-ci exclut en bloc de la Soci&#233;t&#233; toute la section allemande, soit deux mille quatre cents membres.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La fondation de l'anthroposophie&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Steiner fonde alors l'Anthroposophie (&#171; l'homme sage &#187;) en 1913 pour qu'elle incarne l'&#233;sot&#233;risme christique et occidental qu'il d&#233;sire. De nombreux adh&#233;rents allemands de la Th&#233;osophie le suivent. La nouvelle organisation ressemble fortement &#224; celle de la Th&#233;osophie et elle propose un mode de vie complet. Il &#233;labore une anthropologie fond&#233;e sur &#171; une interpr&#233;tation &#233;sot&#233;rique et manich&#233;enne des Evangiles &#187; [&lt;a href='#nb51' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 153.' id='nh51'&gt;51&lt;/a&gt;].
&lt;br /&gt;Tr&#232;s rapidement Steiner est second&#233; par Marie Von Sivers. A partir de 1906 il multiplie les conf&#233;rences hors d'Allemagne (France, etc&#8230;), et durant la premi&#232;re guerre mondiale il donne de nombreuses conf&#233;rences en Allemagne, Autriche, Suisse. Il fait construire en Suisse, &#224; Dornach, pr&#232;s de B&#226;le, le centre spirituel de son mouvement, avec une architecture symbolisant son enseignement. Autour du centre, se rassemblent des disciples de plus en plus nombreux et fervents, tandis que l'Anthroposophie commence &#224; se r&#233;pandre un peu partout en Europe. A partir de 1914, Steiner organise au Goetheanum des spectacles de myst&#232;res, &#171; tenant &#224; la fois du psychodrame et de la c&#233;r&#233;monie initiatique &#187;. Il a, semble-t-il, durant cette p&#233;riode, des contacts avec les Rose-Croix et les Eglises &#233;sot&#233;riques cathares. Le premier &#171; Goetheanum &#187;, construit en bois, est d&#233;truit en 1922 lors d'un incendie criminel, vraisemblablement nazi. Un second est aussit&#244;t reconstruit et demeure aujourd'hui le centre mondial de l'anthroposophie. Un an apr&#232;s l'incendie, Steiner contracte la maladie qui l'emportera. Mais son activit&#233; ne diminue pas pour autant. Alors que son mouvement conna&#238;t des dissensions, il fonde, en 1924, la &lt;em&gt;Soci&#233;t&#233; Anthroposophique Universelle&lt;/em&gt;, et en prend la pr&#233;sidence. Il fonde &#233;galement &lt;em&gt;l'Universit&#233; libre des Sciences spirituelles&lt;/em&gt;, une d&#233;nomination par laquelle il d&#233;signe son enseignement. Rudolf Steiner meurt au Goetheanum le 30 mars 1925 en laissant un travail consid&#233;rable.
&lt;br /&gt;Apr&#232;s cette pr&#233;sentation biographique, nous allons essayer &#8211; sans pr&#233;tention &#224; une compr&#233;hension assur&#233;e - de pr&#233;senter l'approche de l'agriculture que Rudolf Steiner a esquiss&#233;e. Les nombreuses difficult&#233;s logiques que nous avons rencontr&#233;es dans cet examen, nous ont amen&#233; &#224; proposer un assez important d&#233;tour &#233;pist&#233;mologique pour cerner la d&#233;marche de Rudolf Steiner (cf. &#167;241 et 242).&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le lancement de l'agriculture bio-dynamique ou anthroposophique avec Ehrenfried Pfeiffer&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;En 1924, &#224; la demande d'un groupe d'agriculteurs pr&#233;occup&#233;s par la baisse de la qualit&#233; du fourrage et des semences, la vigueur amoindrie des plantes culturales, et des signes de &#171; d&#233;g&#233;n&#233;rescence &#187; dans les troupeaux d'&#233;levage, Rudolf Steiner a donn&#233; les bases de l'agriculture biodynamique, lors d'une s&#233;rie de huit conf&#233;rences, r&#233;unies dans le &lt;em&gt;Cours aux agriculteurs&lt;/em&gt;. Ces conf&#233;rences ont lieu au ch&#226;teau de Koberwitz [&lt;a href='#nb52' class='spip_note' rel='footnote' title='Le domaine agricole de Koberwitz &#233;tait situ&#233; pr&#232;s de Breslau en Allemagne (...)' id='nh52'&gt;52&lt;/a&gt;], appartenant au comte Karl von Keyserlingk, propri&#233;taire et g&#233;rant d'un &#171; cartel familial &#187; de plusieurs domaines agricoles &#171; de grandes dimensions &#187; [&lt;a href='#nb53' class='spip_note' rel='footnote' title='Meyer R., Avant-propos, in Keyserlingk A. (von), La naissance de (...)' id='nh53'&gt;53&lt;/a&gt;]. Les participants, pourtant peu nombreux &#224; ce &#171; congr&#232;s &#187; [&lt;a href='#nb54' class='spip_note' rel='footnote' title='Bideau G., Rep&#232;res, in Keyserlingk A. (von), La naissance de l'agriculture (...)' id='nh54'&gt;54&lt;/a&gt;], ont du mal &#224; se compter : les estimations varient de plus du simple au double. Soixante, selon Ehrenfried Pfeiffer, soixante-dix selon Paul Ari&#232;s, cent trente selon Johanna von Keyserlingk [&lt;a href='#nb55' class='spip_note' rel='footnote' title='Bideau G., Rep&#232;res, ibid. ; Ari&#232;s P., op. cit., p. 199.' id='nh55'&gt;55&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fig. n&#176; 03 &#8211; Ehrenfried Pfeiffer (1897-1961) [&lt;a href='#nbwww.perseus.ch' class='spip_note' rel='footnote' id='nhwww.perseus.ch'&gt;www.perseus.ch&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'assistance, &#171; principalement compos&#233; d'agriculteurs et de propri&#233;taires de grands domaines &#187; [&lt;a href='#nb56' class='spip_note' rel='footnote' title='Bideau G., ibid.' id='nh56'&gt;56&lt;/a&gt;], comprend aussi quelques scientifiques de formation, tels le v&#233;t&#233;rinaire Werr, le D&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;r&lt;/sup&gt; Streicher, la biologiste Lili Kolisko, et surtout le chimiste et/ou biologiste Ehrenfried Pfeiffer (1897-1961) [&lt;a href='#nb57' class='spip_note' rel='footnote' title='Ari&#232;s P., op. cit. Pfeiffer est chimiste pour Paul Ari&#232;s, il est biologiste (...)' id='nh57'&gt;57&lt;/a&gt;], dont les &#233;crits forment la premi&#232;re pi&#232;ce de la diffusion de l'anthroposophie chez les agriculteurs. D&#233;couvrons maintenant les principes g&#233;n&#233;raux de la nature et de l'agriculture expos&#233;s lors de ces conf&#233;rences et discussions au &#171; &lt;em&gt;Ch&#226;teau du Graal &lt;/em&gt; &#187; [&lt;a href='#nb58' class='spip_note' rel='footnote' title='Il s'agit du titre du premier tome des &#339;uvres posthumes de la comtesse de (...)' id='nh58'&gt;58&lt;/a&gt;], par un homme au soir de sa vie, malade [&lt;a href='#nb59' class='spip_note' rel='footnote' title='Karl von Keyserlingk d&#233;crit ainsi l'ambiance du Cours aux agriculteurs : &#171; Je (...)' id='nh59'&gt;59&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;Principes g&#233;n&#233;raux de la bio-dynamie&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;Proposant un point de vue occultiste sur la vie et la nature, Steiner part du principe que tous les ph&#233;nom&#232;nes observables dans le monde physique ne sont que la manifestation d'une r&#233;alit&#233; immat&#233;rielle qui, d'une certaine mani&#232;re, s'active de la p&#233;riph&#233;rie du cosmos et rayonne vers la terre. Selon cette vision de l'univers, la plante, mais aussi les atomes ne seraient qu'une sorte de condensation d'un principe cosmique. Autrement dit, ils ne seraient pas la &lt;em&gt;cause&lt;/em&gt; originelle mais uniquement la manifestation, le p&#244;le physique, la mat&#233;rialisation, voire l'aboutissement d'un principe et d'un processus beaucoup plus vaste.
&lt;br /&gt;Si l'on adopte ce point de vue, la seule analyse physico-chimique des ph&#233;nom&#232;nes de la nature n'est plus suffisante. Il faudrait &#233;largir le champ d'investigation, aussi bien dans l'espace et le temps que vers les sph&#232;res suprasensibles. Bien que ces ph&#233;nom&#232;nes &#233;chappent g&#233;n&#233;ralement &#224; une d&#233;tection directe par les instruments de la science exp&#233;rimentale, il ne faut pas les ignorer.
&lt;br /&gt;Par cette ouverture du regard, la biodynamie veut &#233;largir les bases scientifiques de l'agriculture. Ajoutant les notions de principe immat&#233;riel et de &#171; forces formatrices &#187; &#224; celles de substances et de processus physico-chimiques, les notions de globalit&#233; et de coh&#233;rence &#224; celle d'analyse des &#233;l&#233;ments, la notion de qualit&#233; subjective &#224; celles de qualit&#233; mesurable et de quantit&#233;, elle veut tendre vers une compr&#233;hension plus profonde de l'organisation dynamique, interd&#233;pendante et hi&#233;rarchis&#233;e de la nature. Cette compr&#233;hension qualitative globale cherchant &#224; rendre compte des arri&#232;res-plans, des r&#233;alit&#233;s cach&#233;es, permet, selon Steiner, de faire des choix plus judicieux, tout en prenant en consid&#233;ration les d&#233;couvertes de la recherche moderne et les acquis des traditions paysannes.
&lt;br /&gt;La biodynamie attache une importance tout &#224; fait particuli&#232;re &#224; la notion d'organisme et d'individualit&#233; agricole, notion qui d&#233;passe largement l'id&#233;e habituelle que l'on se fait d'une ferme. Partant du principe que, tel un individu, chaque domaine a son caract&#232;re et sa personnalit&#233; sp&#233;cifiques, elle porte une attention sp&#233;ciale aussi bien &#224; la recherche de symbioses entre sol, v&#233;g&#233;taux, animaux et &#234;tres humains qu'aux perspectives sociales et &#224; l'int&#233;gration de la ferme dans le tissu &#233;cologique, &#233;conomique et culturel de son environnement. Outre de proposer un &#233;largissement des bases scientifiques, la biodynamie cherche donc aussi &#224; &#233;largir les bases socio-&#233;conomiques et culturelles de l'agriculture.
&lt;br /&gt;Une autre originalit&#233; de la Bio-dynamie est sa vision de la ferme comme un &#171; organisme vivant &#187; et une unit&#233; de base du paysage agricole et social, laquelle conduit obligatoirement &#224; une appr&#233;ciation nouvelle des moyens de production, du cadre du domaine ainsi que du r&#244;le du paysan. For&#234;t et zones humides, haies et bosquets, flore et faune sauvages, organisation sociale et aspects culturels, tous consid&#233;r&#233;s comme parties int&#233;grantes de l'organisme agricole, sont tout aussi importants que prairies et champs, animaux d'&#233;levage et cultures, vergers et ruchers, mat&#233;riel et r&#233;alit&#233; &#233;conomique. Le paysan s'appr&#233;hende alors non seulement en qualit&#233; de technicien mais encore en celle de &#171; chef d'orchestre &#187; cherchant &#224; harmoniser cet ensemble et &#224; lui insuffler progressivement son individualit&#233; [&lt;a href='#nb60' class='spip_note' rel='footnote' title='Sattler F. et Wistinghausen E. (von), La Ferme Biodynamique, Ed. Arts (...)' id='nh60'&gt;60&lt;/a&gt;]. Pour Jean-Michel Florin, l'agriculteur bio-dynamiste devrait chercher &#224; cr&#233;er &#171; le maximum de liens &#187; dans l'organisme agricole de la ferme [&lt;a href='#nb61' class='spip_note' rel='footnote' title='Florin J.-M., Entretien avec l'auteur, Lanouaille (24), 2001.' id='nh61'&gt;61&lt;/a&gt;].
&lt;br /&gt;La perspective anthroposophique d'un d&#233;passement des bases scientifiques vers les influences suprasensibles et lointaines a pour objet de faire rena&#238;tre en l'homme une nouvelle sensibilit&#233; et un plus grand respect face au monde du vivant, conduisant &#224; des modifications importantes des pratiques culturales et de l'&#233;levage, y compris des soins v&#233;t&#233;rinaires. Au c&#339;ur du savoir occulte acquis par Steiner sur la nature et l'agriculture, il y a les recettes des dites &#171; pr&#233;parations bio-dynamiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h4 class=&quot;spip&quot;&gt;Aper&#231;u sur les pr&#233;parations bio-dynamiques&lt;/h4&gt; &lt;p&gt;En avan&#231;ant qu'il a acquis une compr&#233;hension &#171; plus vaste &#187; du vivant, Rudolf Steiner a pu mettre au point une s&#233;rie de pr&#233;parations &#171; catalytiques &#187; destin&#233;es &#224; am&#233;liorer la qualit&#233; de la fertilisation et &#224; agir sur divers processus essentiels dans la nature, notamment sur des &#233;l&#233;ments qu'il juge clefs pour l'agriculture, tels que silice, calcium, potasse, phosphore, sodium, azote, hydrog&#232;ne, oxyg&#232;ne, carbone et soufre. Ces pr&#233;parations sont pulv&#233;ris&#233;es sur le sol, les cultures, ou encore employ&#233;es dans l'&#233;laboration du compost. D&#233;riv&#233;es du quartz, de la bouse de vache et de plantes m&#233;dicinales &#8212; telles que l'achill&#233;e mille-feuille, la camomille, l'ortie, l'&#233;corce de ch&#234;ne, le pissenlit, la val&#233;riane et la pr&#234;le &#8212; les pr&#233;parations stimulent, selon Steiner, les forces vitales du sol et des plantes.
&lt;br /&gt;Il existe deux types de pr&#233;parations bio-dynamiques : un pour le sol et les plantes, l'autre pour les fumiers et composts. Les pr&#233;parations num&#233;rot&#233;es 500 et 501 sont pour le sol et les plantes, celles num&#233;rot&#233;es de 502 &#224; 507 visent une am&#233;lioration de la qualit&#233; biologique des fumiers et composts. Ces pr&#233;parations sont tr&#232;s sp&#233;cifiques : ainsi, la pr&#233;paration 500 est &#233;labor&#233;e &#224; partir de bouse de vache : elle stimule la vie du sol, la vie microbienne, l'enracinement, c'est-&#224;-dire le domaine hypog&#233;e. La 501 est &#224; base de silice, elle participe au domaine &#233;pig&#233;e, &#224; la vie a&#233;rienne de la plante, &#224; l'assimilation chlorophyllienne, elle renforce sa sant&#233; ; en cons&#233;quence, elle agirait &#171; sur la qualit&#233;, l'ar&#244;me et la conservation de l'aliment &#187; [&lt;a href='#nb62' class='spip_note' rel='footnote' title='De France J.-M., Entretien avec un repr&#233;sentant des magasins Satoriz. [cf. (...)' id='nh62'&gt;62&lt;/a&gt;]].
&lt;br /&gt;Ces pr&#233;parations sont aussi cens&#233;es favoriser, en outre, un &#233;quilibre entre diff&#233;rentes forces cosmiques et terrestres, ainsi qu'une p&#233;dofaune et une p&#233;doflore plus diversifi&#233;es et plus abondantes, ainsi, enfin, qu'un meilleur enracinement et un d&#233;veloppement plus harmonieux des plantes cultiv&#233;es. Par le biais d'une rhizosph&#232;re mieux d&#233;velopp&#233;e, ces facteurs contribuent, selon l'auteur, non seulement &#224; un meilleur &#233;quilibre nutritionnel et sanitaire de la plante, mais encore &#224; une meilleure qualit&#233; gustative et alimentaire des r&#233;coltes. Ces pratiques et rem&#232;des, pr&#233;sent&#233;s comme &#171; nouveaux &#187;, aident aussi &#224; freiner le d&#233;veloppement des adventices et des parasites. Par un travail organis&#233; dans la mesure du possible en fonction des multiples influences cosmiques suppos&#233;es - solaires, lunaires et plan&#233;taires - ces pr&#233;parations, m&#234;me employ&#233;es &#224; dose hom&#233;opathique, visent &#233;galement &#224; r&#233;duire les probl&#232;mes de maladies et d'adventices dans les cultures, ainsi qu'&#224; am&#233;liorer la qualit&#233; des produits r&#233;colt&#233;s.
&lt;br /&gt;Mais il est aussi important de comprendre que le r&#244;le de l'agriculteur se transforme profond&#233;ment. L'&#233;cole bio-dynamique est une sorte de spiritualit&#233; de la nature o&#249; les gestes de l'agriculteur sont assimil&#233;s &#224; des op&#233;rations sacramentelles efficaces : &lt;em&gt;l'agriculteur bio-dynamiste s&#233;rieux serait promu au rang de pr&#234;tre ou de bon magicien&lt;/em&gt;. Le lecteur aura sans doute du mal &#224; comprendre le passage suivant, mais il faut malgr&#233; tout le citer longuement car il propose une perspectice sur l'articulation faite par Steiner entre la nature, la &#171; Force &#187; d'un certain &#171; Christ Cosmique &#187;, l'homme, et le travail agricole bio-dynamique. Dans la derni&#232;re section de notre seconde partie nous tenterons de d&#233;gager les grandes lignes de cette vision du cosmos et de l'homme :
&lt;br /&gt;&#171; L'&#233;volution de l'homme depuis ses origines primordiales jusqu'au point o&#249; il atteint la conscience du Moi, ce qui l'am&#232;ne &#233;ventuellement &#224; devenir un membre des hi&#233;rarchies spirituelles, forme le fil conducteur de l'enseignement de Steiner sur la finalit&#233; et la destin&#233;e de la Terre. L'homme est incapable d'accomplir cette t&#226;che avec ses propres forces ; mais au moment crucial du myst&#232;re du Golgotha, le Christ est venu sur cette terre de fa&#231;on &#224; donner &#224; l'homme le compl&#232;ment de puissance n&#233;cessaire pour s'accomplir en tant que Moi. Il est possible de consid&#233;rer que la &#171; Potentialit&#233; du Moi &#187;, qui &#233;tait pour nous, au d&#233;part, une &#233;nigme, n'est pas autre chose que la &#171; &lt;em&gt;Force du Christ Cosmique&lt;/em&gt; &#187;, sans laquelle nous ne pouvons parvenir &#224; la v&#233;ritable &#233;go&#239;t&#233;. Avec ceci dans l'esprit, il devient possible de comprendre plus facilement ce que Steiner dit &#224; propos de la nourriture du cerveau humain. Et alors surgit une image encore plus sublime de la ferme. Celle-ci appara&#238;t comme une individualit&#233; vivante, dans laquelle cette Force circule. N'&#233;tant pas utilis&#233;e par les animaux, elle est rejet&#233;e dans leur fumier puis absorb&#233;e par les plantes, impr&#233;gnant les aliments qui en proviennent. &lt;em&gt;C'est l&#224; le plus important des cycles que l'agriculteur doit favoriser et stimuler en toutes circonstances par ses pratiques&lt;/em&gt;. C'est l&#224; la Force indispensable pour donner &#224; la nourriture le pouvoir de renforcer la volont&#233; de l'homme. On peut d&#233;couvrir l&#224;, &#233;galement, un nouvel aspect de la pr&#233;paration 500. Le fumier, dans la corne de vache qui joue le r&#244;le de r&#233;flecteur et de condensateur, est plac&#233; en terre durant l'hiver. Sous cet &#233;clairage, la pulv&#233;risation de la 500 devient plus qu'une pratique agricole bienfaisante ; il s'agit d'une sorte d'&lt;em&gt;acte sacramental &lt;/em&gt;et l'agriculteur devient un pr&#234;tre &#187; [&lt;a href='#nb63' class='spip_note' rel='footnote' title='Soper J., Pour comprendre le cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner, Ed. (...)' id='nh63'&gt;63&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s cette introduction &#224; la vaste perspective embrass&#233;e par Rudolf Steiner, d&#233;couvrons un autre groupe de fondateurs de l'agriculture biologique. Egalement germanophones, Maria et Hans M&#252;ller, rejoints par Hans Peter Rusch apr&#232;s la seconde guerre mondiale, ont fond&#233; le courant organo-biologique. Dans ce mouvement, l'influence de la bio-dynamie se fera sentir, mais elle ira d&#233;clinant avec les ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Hans et Maria M&#252;ller, et Hans Peter Rusch : l'agriculture organo-biologique&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les grandes lignes de la vie du couple M&#252;ller&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Maria Bigler et Hans Christian M&#252;ller sont n&#233;s en Suisse, respectivement en 1894 et 1891. Ils grandissent chacun sur des fermes de l'Emmental, une r&#233;gion proche de Bern. Ils se marient en 1914.
&lt;br /&gt;Maria M&#252;ller a suivi une scolarit&#233; dans une &#233;cole d'horticulture et de gestion de la maison. Apr&#232;s avoir donn&#233; naissance &#224; un fils, elle effectue une &#233;tude intensive de la litt&#233;rature existante sur les sujets des r&#233;gimes alimentaires, de la sant&#233; et de l'agriculture. &#192; partir de 1933, elle commence &#224; enseigner cette connaissance dans la petite &#233;cole m&#233;nag&#232;re du M&#246;schberg. &#192; partir des ann&#233;es 1940, recherchant la litt&#233;rature disponible sur l'agriculture organique, et la lisant la nuit, elle en discute le contenu avec son mari. Elle essaye de mettre en pratique la connaissance acquise sur son propre jardin et sur celui du M&#246;schberg. Juste avant sa mort en 1969, est &#233;dit&#233;e sa publication &lt;em&gt;Instructions pratiques pour l'horticulture organique&lt;/em&gt;, un travail couronnant une vie consacr&#233;e &#224; la connaissance et &#224; l'exp&#233;rimentation dans les domaines de la sant&#233; et de l'agriculture biologique.
&lt;br /&gt;Hans M&#252;ller &#233;tudie &#224; Hofwil, pr&#232;s de Berne, pour devenir instituteur. Apr&#232;s avoir enseign&#233; pendant trois ans, il commence &#224; &#233;tudier la biologie, jusqu'&#224; obtenir, en 1921, un doctorat en botanique, &#224; l'Universit&#233; de Bern. Mais c'est l'agriculture qui va demeurer au c&#339;ur de sa vie. Fils d'agriculteur, M&#252;ller a une exp&#233;rience directe des difficult&#233;s des paysans depuis la R&#233;volution industrielle, d'autant plus qu'il est influenc&#233; par l'exemple charitable de sa m&#232;re, laquelle a eu sept enfants naturels et a &#233;lev&#233;, en plus, quatorze orphelins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:52px;'&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ecolotech.eu/sites/ecolotech.eu/IMG/ppt/Soutenance_Y._Besson-3.ppt&quot; type=&quot;application/vnd.ms-powerpoint&quot; title=&quot;Power Point de la soutenance de la th&#232;se d'Yvan Besson&quot;&gt;&lt;img src='http://www.ecolotech.eu/sites/ecolotech.eu/local/cache-vignettes/L52xH52/ppt-db89b.png' width='52' height='52' alt='Power Point de la soutenance de la th&#232;se d'Yvan Besson {PowerPoint}' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fig. n&#176; 04 &#8211; Hans et Maria M&#252;ller (1891-1988 et 1894-1969) [&lt;a href='#nbwww.oekolandbau.de' class='spip_note' rel='footnote' id='nhwww.oekolandbau.de'&gt;www.oekolandbau.de&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi que le projet qui va orienter toute la vie d'Hans M&#252;ller, en collaboration avec son &#233;pouse, consiste &#224; se battre, par presque tous les moyens [&lt;a href='#nb64' class='spip_note' rel='footnote' title='Il aura recours &#224; l'&#233;ducation, &#224; la politique (avec des d&#233;rives graves), &#224; la (...)' id='nh64'&gt;64&lt;/a&gt;], pour maintenir les petits paysans, particuli&#232;rement en cherchant &#224; leur assurer l'ind&#233;pendance &#233;conomique. Il cherche &#224; limiter les intrants industriels dans les fermes, &#224; d&#233;velopper la qualit&#233; [&lt;a href='#nb65' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce sera son credo pour aider les paysans &#224; r&#233;sister &#224; la crise &#233;conomique de (...)' id='nh65'&gt;65&lt;/a&gt;], ainsi que quelques cultures commerciales r&#233;mun&#233;ratrices [&lt;a href='#nb66' class='spip_note' rel='footnote' title='Comme la pomme de terre, dans le contexte suisse d'alors.' id='nh66'&gt;66&lt;/a&gt;], afin les paysans n'aient pas &#224; aller travailler loin de chez eux, tout comme il travaille &#224; la ma&#238;trise de la mise sur le march&#233; des denr&#233;es agricoles par les producteurs eux-m&#234;mes. Apr&#232;s la seconde guerre mondiale, l'agriculture biologique, sous le nom d'agriculture &#171; organo-biologique &#187;, entre, assez logiquement, dans sa d&#233;marche. Critiqu&#233; pour son style &#171; autoritaire &#187;, il garde une influence d&#233;cisive sur le d&#233;veloppement de l'agriculture biologique suisse, jusqu'&#224; la cr&#233;ation de l'IRAB [&lt;a href='#nb67' class='spip_note' rel='footnote' title='Institut de Recherche de l'Agriculture Biologique. L'IRAB, (ou FIBL en (...)' id='nh67'&gt;67&lt;/a&gt;], en 1972, &#224; laquelle il ne participa pas. Hans M&#252;ller est d&#233;c&#233;d&#233; en 1988.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Maria et Hans M&#252;ller, un combat pour les libert&#233;s paysannes&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Hans M&#252;ller se soucie d'abord de l'agriculture comme du groupe social des paysans, avant d'int&#233;grer, plus tard, dans sa d&#233;marche, l'agriculture biologique. Ses r&#233;f&#233;rences &#224; l'humain, au christianisme, &#224; la patrie, &#224; la libert&#233;, indiquent que son projet est culturel, voire philosophique, avant d'&#234;tre technique. Sa d&#233;marche personnelle passe tout d'abord par l'action sociale et politique. Engag&#233; et &#233;lu au sein d'un parti politique, il m&#232;ne aussi, &#224; partir de 1926, des activit&#233;s d'&#233;ducation populaire, au sein de groupes de paysans et paysannes qu'il contribue &#224; cr&#233;er et &#224; motiver. Pendant les ann&#233;es o&#249; il est instituteur, il s'occupe &#233;galement de transformation de pommes en jus sans alcool, en r&#233;action aux tendances alcooliques de son p&#232;re. Il s'engage, en 1923, dans un mouvement contre l'alcoolisme paysan, nomm&#233; &#171; Verein abstinenter Schweizerbauern &#187; [&lt;a href='#nb68' class='spip_note' rel='footnote' title='Schaumann W., Siebeneicher G.-E., Lunzer I., Geschichte des okologischen (...)' id='nh68'&gt;68&lt;/a&gt;]. Mais il est &#233;galement, tr&#232;s t&#244;t, engag&#233; dans la politique &#171; institutionnelle &#187;. En 1918, issu d'une scission au sein du parti lib&#233;ral Suisse, le &#171; Bauern Gewehrbe und Burger partei &#187; est cr&#233;&#233;. Le &#171; parti artisan-paysan-bourgeois (ou citoyen) &#187; est une sorte de parti populaire, selon Werner Scheidegger. Hans M&#252;ller en est membre d&#232;s le d&#233;but. [&#8230;] Ce parti a eu, certaines ann&#233;es, la majorit&#233; absolue dans le canton de Bern &#187; [&lt;a href='#nb69' class='spip_note' rel='footnote' title='Scheidegger W., Entretien ave l'auteur, Suisse, Ao&#251;t 2002.' id='nh69'&gt;69&lt;/a&gt;]. En 1927, surtout pr&#233;occup&#233; par les questions culturelles, il devient directeur de formation dans son parti politique [&lt;a href='#nb70' class='spip_note' rel='footnote' title='Scheidegger W., ibid.' id='nh70'&gt;70&lt;/a&gt;]. Il est &#233;lu au Conseil f&#233;d&#233;ral suisse en 1928, en tant que repr&#233;sentant de son parti. Pour d&#233;velopper son activit&#233; culturelle, il lance la construction de la maison du M&#246;schberg en 1932, ainsi que ses journaux, &lt;em&gt;Le Jeune Paysan Suisse&lt;/em&gt;, en 1935, et &lt;em&gt;Kultur und Politik&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Culture et politique&lt;/em&gt;), un peu plus tard. Au M&#246;schberg, avec Maria M&#252;ller, il y a une grande activit&#233; de cours, portant surtout sur des questions culturelles : famille, culture, religion, politique [&lt;a href='#nb71' class='spip_note' rel='footnote' title='Scheidegger W., ibid.' id='nh71'&gt;71&lt;/a&gt;].
&lt;br /&gt;A cette &#233;poque l&#224;, la crise de 1929 r&#233;v&#232;le les contradictions du mouvement de la soci&#233;t&#233; sous l'emprise d'une organisation industrielle [&lt;a href='#nb72' class='spip_note' rel='footnote' title='Viel J.-M., L'agriculture biologique en France, Th&#232;se de 3e cycle, IEDES, (...)' id='nh72'&gt;72&lt;/a&gt;]. M&#252;ller propose des solutions originales, comme le d&#233;veloppement d'une agriculture de qualit&#233;. Il est en opposition avec la ligne officielle de son parti, qui propose une politique mon&#233;taire. Dans son opposition, il rejoint celle des socialistes. En 1935, son parti ne supporte plus d'avoir l'opposition de M&#252;ller en son c&#339;ur : il est &#233;vinc&#233;. Une petite minorit&#233;, de 10 &#224; 20 % des adh&#233;rents, forme les &#171; Jungbauern &#187;, et le suit jusqu'en 1946, date &#224; laquelle il quitte ses fonctions de d&#233;put&#233; au Conseil F&#233;d&#233;ral. Durant quelques ann&#233;es de la d&#233;cennie 1930, selon Peter Moser, lui et le mouvement Jung Bauern collaborent avec des syndicats ouvriers socialistes. Mais &#233;galement, d'apr&#232;s Werner Scheidegger, ils collaborent aussi directement avec les socialistes et d'autres petits groupes.
&lt;br /&gt;A partir de 1936, la crise &#233;conomique a chang&#233; de figure, elle est all&#233;e en se terminant. Le parti socialiste commence &#224; modifier ses rapports avec les Jungbauern. Les socialistes &#171; avaient compris que les Jungbauern ne repr&#233;sentait pas la majorit&#233; &#187; [&lt;a href='#nb73' class='spip_note' rel='footnote' title='Moser P., Entretien ave l'auteur, Bern, Ao&#251;t 2002.' id='nh73'&gt;73&lt;/a&gt;]. Le parti socialiste dit &#224; M&#252;ller que &#171; paysans &#187; et &#171; socialistes &#187; n'allaient pas ensemble. Lui maintient que &#171; si &#187;, en arguant qu'ouvriers et paysans &#233;taient des producteurs manuels&#8230; Cela ne suffira pas : &#171; en 1938-1939, les socialistes changent de tactique et font alliance avec les bourgeois &#187; [&lt;a href='#nb74' class='spip_note' rel='footnote' title='Moser P., ibid.' id='nh74'&gt;74&lt;/a&gt;]. Avec la baisse d'acuit&#233; de la crise &#233;conomique et l'imminence de la guerre, les priorit&#233;s changent et les questions agricoles et paysannes passent au second plan. S'ouvre alors pour le mouvement &lt;em&gt;politique&lt;/em&gt; de M&#252;ller une p&#233;riode dramatique qui lui sera fatale.
&lt;br /&gt;Lorsque les socialistes arr&#234;tent leur collaboration avec le parti de M&#252;ller et font alliance avec les bourgeois, le &#171; mouvement &lt;em&gt;Jung Bauern&lt;/em&gt; se trouve alors compl&#232;tement isol&#233;, il se tourne vers la droite, et m&#234;me vers les nazis. M&#252;ller aussi a sympathis&#233; avec les nazis, pendant deux ou trois ans, entre 1937-1938 et 1938-1939. Apr&#232;s 1943, le mouvement &lt;em&gt;Jung Bauern&lt;/em&gt; est compl&#232;tement discr&#233;dit&#233; &#187;. Apr&#232;s la guerre, il p&#233;riclite. Pour l'historien Peter Moser, c'est la cause de l'abandon de la politique par M&#252;ller [&lt;a href='#nb75' class='spip_note' rel='footnote' title='Moser P., ibid.' id='nh75'&gt;75&lt;/a&gt;].
&lt;br /&gt;En 1946, M&#252;ller r&#233;agit et fonde la coop&#233;rative de producteurs de Galmiz [&lt;a href='#nb76' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon Otto Schmid, &#171; au d&#233;but des ann&#233;es 1950, Hans M&#252;ller a collabor&#233; avec les (...)' id='nh76'&gt;76&lt;/a&gt;]. Quelques ann&#233;es plus tard, avec Hans Peter Rusch, il lance son mouvement dans l'agriculture biologique. Hans M&#252;ller a continu&#233; &#224; travailler pour la coop&#233;rative de Galmiz et &#224; donner des cours &#224; des agriculteurs jusqu'&#224; sa mort. Avant de pr&#233;senter H.-P. Rusch, les grandes lignes de ses recherches biologiques, et sa collaboration avec M&#252;ller, d&#233;couvrons un aspect par rapport auquel cette collaboration va permettre au mouvement organo-biologique de se distancier, l'influence de l'agriculture bio-dynamique.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#244;le de la biodynamie dans le d&#233;veloppement de l'agriculture organo-biologique de M&#252;ller&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;C'est surtout apr&#232;s la 2&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; guerre mondiale que se pr&#233;sente en Suisse un int&#233;r&#234;t renforc&#233;, et une nouvelle impulsion, pour l'agriculture biologique. Des horticulteurs fondent, en 1947, l'association Suisse pour l'Agriculture Biologique, &#224; laquelle se rallient de petits jardiniers amateurs. A cette p&#233;riode, les Jung Bauern, ayant cr&#233;&#233;, en 1946, la coop&#233;rative de construction et recyclage [&lt;a href='#nb77' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans la suite de ce travail j'abr&#232;ge le nom de la coop&#233;rative Anbau-und (...)' id='nh77'&gt;77&lt;/a&gt;] &#171; Heimat &#187; (Patrie), &#224; Galmiz, commencent &#224; se rapprocher plus fortement de l'Agriculture Biologique. Lors de la fondation de l'AVG, l'agriculture biologique &#233;tait un sujet &#224; peine abord&#233; ; au travers de la coop&#233;rative, on veut surtout aboutir &#224; des d&#233;bouch&#233;s commerciaux nouveaux et s&#251;rs. Cependant, des repr&#233;sentants isol&#233;s, comme le vice-pr&#233;sident Gottfried Etter, s'int&#233;ressent d&#233;j&#224;, depuis quelques temps, &#224; cette m&#233;thode, et mettent en place des pr&#233;parations de type biodynamique, comme la Val&#233;riane et l'Achill&#233;e, pour am&#233;liorer la fermentation dans les tas de compost. Les &lt;em&gt;19 et 20 juillet 1947, des membres du mouvement des Jeunes Paysans font un compte-rendu, au M&#246;schberg, de leurs observations et exp&#233;riences avec l'Agriculture Biologique. &lt;/em&gt;Selon Peter Moser, on peut supposer qu'au milieu des ann&#233;es 1940, au sein du mouvement des jeunes agriculteurs &lt;em&gt;Jung Bauern, &lt;/em&gt;d'autres paysans se sont pr&#233;occup&#233;s de l'agriculture biologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Maria M&#252;ller-Bigler, l'&#233;pouse d'Hans M&#252;ller, horticultrice exp&#233;riment&#233;e, qui exerce depuis 1932 en tant que g&#233;rante de l'&#233;cole h&#244;teli&#232;re de M&#246;schberg, joue un r&#244;le important pour le d&#233;veloppement et la recherche des m&#233;thodes culturales, au sein du mouvement &#171; Paysans de la Patrie &#187; (autre appellation des Jung Bauern). Maria M&#252;ller avait d'ores et d&#233;j&#224; pris connaissance de la litt&#233;rature, (Howard, Steiner), et examine l'id&#233;e d'une &#171; communaut&#233; de vie biologique &#187; ; elle se laisse inspirer, pour son jardinage au M&#246;schberg, de l'exp&#233;rience des m&#233;thodes bio-dynamiques. Ensemble, avec le pasteur z&#252;richois Edmund Ernst [&lt;a href='#nb78' class='spip_note' rel='footnote' title='Edmund Ernst est un personnage qui semble jouer un r&#244;le d'interface entre la (...)' id='nh78'&gt;78&lt;/a&gt;], ils font des m&#233;thodes de culture biologique un th&#232;me de d&#233;bat pour la 2&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; moiti&#233; des ann&#233;es 40. Edmund Ernst, qui &#233;crit pour le journal z&#252;richois &lt;em&gt;Ausgleich&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;La balance&lt;/em&gt;), vient d'un mouvement de travailleurs &#233;vang&#233;liques, en contact avec les &lt;em&gt;Jung Bauern&lt;/em&gt;, mouvement auquel il adh&#233;re durant la crise du d&#233;but des ann&#233;es 1940. Il s'engage jusqu'&#224; sa mort, au printemps 1953, pour la recherche et le d&#233;veloppement de l'agriculture biologique.
&lt;br /&gt;Il est th&#233;oriquement possible d'utiliser les m&#233;thodes bio-dynamiques sans comprendre dans son int&#233;gralit&#233; l'id&#233;ologie de l'anthroposophie. Mais pour un perfectionnement s&#233;rieux, une acceptation fondamentale de cette id&#233;ologie est incontournable. Hans et Maria M&#252;ller, et la plupart des jeunes agriculteurs qui suivent Hans M&#252;ller, partagent un int&#233;r&#234;t commun pour ces bases anthroposophiques, en raison de leur adh&#233;sion &#224; la religion chr&#233;tienne protestante et des passerelles existant entre le culte r&#233;form&#233; et la religiosit&#233; chr&#233;tienne-&#233;sot&#233;rique fond&#233;e par Steiner [&lt;a href='#nb79' class='spip_note' rel='footnote' title='La d&#233;clinaison religieuse de l'anthroposophie s'appelle la &#171; Communaut&#233; des (...)' id='nh79'&gt;79&lt;/a&gt;]. Les relations et l'&#233;volution des relations entre le mouvement M&#252;ller et l'agriculture anthroposophique sont donc h&#233;sitantes. Avec Edmund Ernst, le couple M&#252;ller cherchent des possibilit&#233;s de perfectionner les m&#233;thodes culturales qui pourraient &#234;tre pratiqu&#233;es &lt;em&gt;sans accessoires mystiques, dans une forme ais&#233;ment r&#233;alisable par le paysan&lt;/em&gt;. Avec l'appellation agriculture &#171; organo-biologique &#187;, ils se d&#233;marquent bient&#244;t de l'orientation bio-dynamique [&lt;a href='#nb80' class='spip_note' rel='footnote' title='Mais, comme nous le verrons, la rupture compl&#232;te de l'agriculture biologique (...)' id='nh80'&gt;80&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Hans Peter Rusch : de la gyn&#233;cologie &#224; l'agriculture biologique&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Hans Peter Rusch est n&#233; le 28 novembre 1906 &#224; Goldap, en Prusse orientale (Allemagne). Il fait des &#233;tudes de m&#233;decine &#224; l'Universit&#233; de Giessen, qu'il termine en 1932. Docteur en m&#233;decine, il a alors pratiqu&#233; la gyn&#233;cologie pendant treize ans au sein de l'h&#244;pital universitaire. Alors qu'il vient d'&#234;tre habilit&#233; &#224; enseigner la gyn&#233;cologie et l'obst&#233;trique &#224; l'universit&#233;, la guerre &#233;clate ; il s'engage volontairement dans l'arm&#233;e [&lt;a href='#nb81' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. ww.shop.mikroveda.com [viste de 09/2006].' id='nh81'&gt;81&lt;/a&gt;]. Il sert, en tant que m&#233;decin militaire, en Sicile et en Cr&#232;te. Il quitte l'arm&#233;e en 1946. Il devient m&#233;decin dans une clinique sp&#233;cialis&#233;e sur le traitement du cancer, &#224; Lehrbach. Il entreprend &#233;galement des recherches avec le docteur A. Becker, bact&#233;riologue. Il &#233;tudie la fonction des bact&#233;ries dans le but de d&#233;velopper de nouvelles m&#233;decines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fig. n&#176; 05 &#8211; Hans Peter Rusch (1906-1977) [&lt;a href='#nbpub.ne.jp' class='spip_note' rel='footnote' id='nhpub.ne.jp'&gt;pub.ne.jp&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la m&#234;me &#233;poque, il ouvre un cabinet de m&#233;decine &#224; Frankfort (RFA). Ses recherches sur la d&#233;g&#233;n&#233;ration de la flore bact&#233;rienne des muqueuses, induites de son exp&#233;rience de gyn&#233;cologue, vont le mener au probl&#232;me de la qualit&#233; de l'alimentation, et par l&#224;, &#224; l'agriculture biologique. D&#232;s lors, et jusqu'&#224; sa mort, suite &#224; une conf&#233;rence donn&#233;e en Suisse et &#224; sa rencontre avec le patron des Jeunes Paysans, Rusch va travailler avec le mouvement M&#252;ller. Son statut et ses recherches de scientifiques, plus que sa th&#233;orie du cycle de la substance vivante et ses tests microbiologiques sur la fertilit&#233; des sols, constituent un appui certain pour la confiance en soi du mouvement organo-biologique et sa transition vers une agrobiologie plus en phase avec la culture occidentale contemporaine, pr&#233;parant ainsi sa reconnaissance &#233;tatique. Ses travaux agrobiologiques sont rassembl&#233;s principalement dans l'ouvrage &lt;em&gt;La f&#233;condit&#233; du sol, Pour une conception biologique de l'agriculture&lt;/em&gt;, publi&#233; d'abord en Allemagne, en 1968. Hans Peter Rusch est d&#233;c&#233;d&#233; le 17 ao&#251;t 1977 dans le sud de la France [&lt;a href='#nb82' class='spip_note' rel='footnote' title='Outre ses articles dans Kultur und Politik, Hans Peter Rusch a publi&#233; trois (...)' id='nh82'&gt;82&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La collaboration Rusch-M&#252;ller et les principes de l'agriculture organo-biologique.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Au cours de ses recherches m&#233;dicales [&lt;a href='#nb83' class='spip_note' rel='footnote' title='Il mena ces recherches au sein du groupe de travail d'Helmut Mommsen. Le (...)' id='nh83'&gt;83&lt;/a&gt;], Rusch en vient &#224; attribuer la cause du dysfonctionnement des flores des muqueuses &#224; l'utilisation croissante des antibiotiques et &#224; la baisse de la qualit&#233; nutritive des aliments. A partir de l&#224;, il engage un travail sur la relation entre qualit&#233; nutritive et sant&#233; humaine. En 1950, il d&#233;veloppe le concept du &#171; cycle des bact&#233;ries &#187;, comme &#233;tant &#171; un principe de vie &#187; [&lt;a href='#nb84' class='spip_note' rel='footnote' title='Rusch H.-P. et Kolb H., Der Kreislauf der Bakterien als Lebensprinzip, in (...)' id='nh84'&gt;84&lt;/a&gt;]. L'&#233;volution de ce concept en fait &#171; la loi du maintien des substances vivantes &#187; [&lt;a href='#nb85' class='spip_note' rel='footnote' title='Santo E. et Rusch H.-P, Das Gesetz von der Erhaltung der lebendigen (...)' id='nh85'&gt;85&lt;/a&gt;]. En 1952, dans un article du &lt;em&gt;Paysan suisse&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb86' class='spip_note' rel='footnote' title='Gisiger L., Biologischer Landbau, die Agrikulturechemie, die Landwirschat (...)' id='nh86'&gt;86&lt;/a&gt;], Hans Peter Rusch prend position contre les engrais min&#233;raux de synth&#232;se. D&#232;s lors, son nom circule dans le milieu de l'agriculture biologique suisse naissante. Hans M&#252;ller entre en contact avec lui cette m&#234;me ann&#233;e, suite &#224; une conf&#233;rence que Rusch donne &#224; Bern sur le th&#232;me de la formation de l'humus.
&lt;br /&gt;A partir de 1952, Hans Peter Rusch s'engage dans une coop&#233;ration avec Hans M&#252;ller, lequel cherche des conseils &#224; propos de questions relatives &#224; l'agriculture biologique. Les deux hommes se mettent d'accord sur l'int&#233;r&#234;t d'avoir un laboratoire d'&#233;tude microbiologique du sol. Hans Peter Rusch tente de mettre au point une m&#233;thode bact&#233;riologique d'&#233;tude du sol. Ces &lt;em&gt;examens de laboratoire&lt;/em&gt;, appel&#233;, couramment &#171; Test Rusch &#187;, financ&#233;s par la coop&#233;rative AVG Galmiz, ont pour objectif d'&#233;valuer et de suivre la fertilit&#233; des sols des fermes. Avant d'aller plus loin sur cette question du &#171; Test Rusch &#187;, notons les autres activit&#233;s de Rusch pour les agriculteurs biologiques : il donne r&#233;guli&#232;rement des conf&#233;rences &#224; l'&#233;cole du M&#246;schberg, et participe aux visites et consultations des fermes biologiques qui sont organis&#233;es. En outre, Rusch publie, dans chaque &#233;dition de &lt;em&gt;Culture et politique&lt;/em&gt;, un article sur ou autour de l'agriculture biologique. En ce qui concerne les analyses de sol, on en attend des rep&#232;res pour confirmer ou r&#233;orienter les pratiques culturales. Mais il semble que l'objectif n'est pas atteint. Selon le docteur Volker Rusch, le fils d'Hans Peter Rusch, qui a repris le travail de microbiologie de son p&#232;re, le &#171; Test Rusch &#187;, quoique apparemment pertinent sur un strict plan scientifique, n'est pas significatif pour les agriculteurs. Il semble qu'il ne permet pas un diagnostic pr&#233;cis, susceptible de d&#233;terminer des interventions sp&#233;cifiques des agriculteurs sur leurs terres. Cette conclusion, ainsi que le co&#251;t financier fort &#233;lev&#233; des tests mis au point [&lt;a href='#nb87' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon Volker Rusch, c'est surtout le coup financier excessif qui a nuit au (...)' id='nh87'&gt;87&lt;/a&gt;], am&#232;nent Volker Rusch a abandonn&#233; l'approche de son p&#232;re et l'&#233;tude des &#233;chantillons de sol des agriculteurs du mouvement M&#252;ller.
&lt;br /&gt;D'autre part, les th&#233;ories d'Hans Peter Rusch sur le ph&#233;nom&#232;ne de la vie, m&#234;me si elles ont indiscutablement unifi&#233; le mouvement de M&#252;ller [&lt;a href='#nb88' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans sa phase d'&#233;mergence comme mouvement d'agriculture biologique, en servant (...)' id='nh88'&gt;88&lt;/a&gt;], semblent, aussi, avoir compliqu&#233; le d&#233;veloppement de l'agriculture biologique. Un exemple caract&#233;ristique de ce probl&#232;me r&#233;side dans son approche centrale du &#171; cycle de la substance vivante &#187;. Les termes et la port&#233;e de la controverse autour de &#171; la substance vivante &#187; seront pr&#233;sent&#233;s dans les parties suivantes de ce travail.
&lt;br /&gt;Au-del&#224; de la th&#233;orie g&#233;n&#233;rale ruschienne, les principes techniques de l'agriculture organo-biologiques apparaissent relativement plus simples que ceux des mouvements howardiens et steineriens, notamment en orientant vers &lt;em&gt;une agriculture sans compost ni labour&lt;/em&gt;. Le compostage en tas, critiqu&#233; par Rusch, n'occupe qu'une place accessoire dans la m&#233;thode : &#171; le fumier n'est compost&#233; qu'en attendant de pouvoir l'&#233;pandre sur le sol, quand ce dernier n'est pas libre ; la dur&#233;e du compostage est aussi courte que possible &#187; [&lt;a href='#nb89' class='spip_note' rel='footnote' title='Aubert C., L'agriculture biologique, Une agriculture pour la sant&#233; et (...)' id='nh89'&gt;89&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'essentiel de la m&#233;thode vise la fertilisation organique :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;Le compostage de surface et le mulching&lt;/em&gt;. On cherche &#224; &#233;viter au maximum que le sol ne reste d&#233;nud&#233;, m&#234;me en hiver. Les fumiers et d&#233;chets v&#233;g&#233;taux sont &#233;pandus et enfouis seulement &#224; quelques centim&#232;tres de profondeur, afin d'&#233;viter la perturbation des couches du sol, et cela juste quelques semaines avant les semis ou plantations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;La pratique des engrais verts&lt;/em&gt;. Elle est d&#233;velopp&#233;e autant que possible, entre deux cultures lorsque l'intervalle est suffisant, ainsi que dans les cultures p&#233;rennes et certaines cultures annuelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;L'usage de poudre de roches faiblement solubles&lt;/em&gt;. Il s'agit d'une fumure min&#233;rale qui se ne &#171; court-circuiterait &#187; pas la vie du sol pour alimenter les plantes. L'id&#233;e goeth&#233;enne de &#171; m&#233;tabolisme originel &#187; sert aussi &#224; justifier les &#171; roches primitives &#187; utilis&#233;es. D'autre part, il est autoris&#233; de recourir &#224; des scories de d&#233;phosporation pour corriger les sols acides ou &#224; du patentkali pour les sols basiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;Le travail du sol en surface&lt;/em&gt;. Id&#233;alement, Rusch et M&#252;ller recommande de ne jamais travailler le sol &#224; plus de 8-12 cm de profondeur. Mais les difficult&#233;s avec les adventices conduiront certains agriculteurs du mouvement &#224; recourir occasionnellement au labour ; plus tard, des jeunes du mouvement d&#233;velopperont le d&#233;sherbage thermique, contre l'avis d'Hans M&#252;ller.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;Le recours &#224; des pr&#233;parations &#224; base de culture de microorganismes&lt;/em&gt;. Le &#171; ferment d'humus Symbioflor &#187;, une pr&#233;paration de microorganismes d&#233;velopp&#233;e par Hans Peter Rusch et d&#233;pos&#233;e sous une marque commerciale, est propos&#233; aux agriculteurs pour am&#233;liorer la vie des sols agricoles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Passons maintenant &#224; une pr&#233;sentation de la vie et de l'&#339;uvre du fondateur connu le plus tardivement en France, bien qu'il ait mis au point sa m&#233;thode d&#232;s le milieu du XX&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : Masanobu Fukuoka.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt; Masanobu Fukuoka et l'agriculture sauvage&lt;/h2&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Biographie de Masanobu Fukuoka.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Masanobu Fukuoka est n&#233; en 1913 au Japon. Il vit encore sur la ferme de ses parents, dont il a pris la suite. La ferme domine la baie de Matsuyama, dans l'&#238;le de Shikoku, la plus petite des quatre &#238;les principales de l'archipel japonais [&lt;a href='#nb90' class='spip_note' rel='footnote' title='L'&#238;le de Shikoku, &#171; quatre pays &#187;, est situ&#233;e au sud du Japon, vers le 35e (...)' id='nh90'&gt;90&lt;/a&gt;]. Il re&#231;oit une formation de microbiologiste [&lt;a href='#nb91' class='spip_note' rel='footnote' title='Au cours de son cursus &#233;tudiant, Masanobu Fukuoka fut l'&#233;l&#232;ve du professeur (...)' id='nh91'&gt;91&lt;/a&gt;]. En tant qu'ing&#233;nieur, il travaille en laboratoire, comme sp&#233;cialiste de phytopathologie, jusqu'&#224; la seconde guerre mondiale. Il est d'abord en poste &#224; la Division de l'Inspection des Plantes pour le Bureau des Douanes de Yokohama. A partir de l'&#226;ge de vingt-cinq ans, Masanobu Fukuoka se met &#224; se poser de plus en plus de questions sur la valeur r&#233;elle de ses connaissances et sur la pertinence de l'agriculture chimique. Il en vient &#224; formuler des questions qui remettent en cause l'id&#233;e que l'agriculture chimique soit un v&#233;ritable progr&#232;s par rapport &#224; l'agriculture traditionnelle. Il traverse ce que l'on appelle, aujourd'hui, &#171; une crise existentielle &#187;. Il vit plusieurs mois assez d&#233;sempar&#233;, livr&#233; &#224; des questionnements et &#224; des m&#233;ditations philosophiques, inspir&#233;s de ses racines culturelles (bouddhisme zen, tao&#239;sme, shinto&#239;sme). Ses amis ne le comprennent plus.
&lt;br /&gt;L'id&#233;e de base de sa m&#233;thode &#171; lui vient un jour qu'il passe par hasard dans un ancien champ ni utilis&#233; ni labour&#233; depuis de nombreuses ann&#233;es. Il y voit de magnifiques pieds de riz poussant &#224; travers un fouillis d'herbes &#187; [&lt;a href='#nb92' class='spip_note' rel='footnote' title='Fukuoka M., La r&#233;volution d'un seul brin de paille, Tr&#233;daniel, Paris, 1983, (...)' id='nh92'&gt;92&lt;/a&gt;]. En 1938, ne voulant pas s'en tenir &#224; des id&#233;es, et ayant l'opportunit&#233; d'un lieu pour pouvoir les tester, il d&#233;missionne de son poste et s'en va vivre dans une hutte, situ&#233;e dans une plantation de mandariniers de son p&#232;re. Il d&#233;cide de consacrer sa vie &#224; l'agriculture, en testant ses id&#233;es sur le &#171; non-agir &#187;. Il applique cela aux mandariniers de son p&#232;re, lesquels &#233;taient taill&#233;s jusque-l&#224; : c'est un &#233;chec [&lt;a href='#nb93' class='spip_note' rel='footnote' title='Il perdit ainsi, dans cette premi&#232;re vague de ses recherches pratiques, (...)' id='nh93'&gt;93&lt;/a&gt;]. La guerre &#233;clate, il se range aux v&#339;ux de son p&#232;re, accepte un poste &#224; la Station d'Essai de la Pr&#233;fecture de Kochi, o&#249; il devient Directeur de la Division de l'Agriculture Scientifique. Mais il ne cesse pas, pour autant, de travailler &#224; ses recherches personnelles : &#171; je m'employais &#224; augmenter la production alimentaire en temps de guerre, mais surtout, je r&#233;fl&#233;chissais sur la relation entre agriculture scientifique et naturelle. La question qui m'occupait &#233;tait de d&#233;terminer si oui ou non l'agriculture naturelle pouvait tenir t&#234;te &#224; la science moderne &#187; [&lt;a href='#nb94' class='spip_note' rel='footnote' title='RBP, p. 43.' id='nh94'&gt;94&lt;/a&gt;]. A la fin de la seconde guerre mondiale, il retourne d&#233;finitivement poursuivre ses recherches sur la ferme familiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fig. n&#176; 06 &#8211; Masanobu Fukuoka (1913-) [&lt;a href='#nbwww.permaculture.com' class='spip_note' rel='footnote' id='nhwww.permaculture.com'&gt;www.permaculture.com&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finalement, il met au point une conception et une pratique globale et originale de l'agriculture, alternative, &#224; la fois &#224; l'agrochimie moderne et &#224; l'agriculture traditionnelle de son pays. Sa m&#233;thode d'agriculture s'appelle, selon les traductions, &#171; agriculture du non-agir &#187;, &#171; agriculture naturelle &#187;, &#171; agriculture sauvage &#187;.
&lt;br /&gt;Il parvient &#224; confirmer ses intuitions sur la valeur d'une intervention artificielle minimale en agriculture. Quelques ann&#233;es apr&#232;s la seconde guerre mondiale, satisfait des r&#233;sultats de sa m&#233;thode, il cherche &#224; la faire conna&#238;tre. De nombreux visiteurs et stagiaires viennent sur sa ferme, et, parmi eux, de nombreux chercheurs issus des diff&#233;rents &#171; d&#233;partements &#187; de la recherche agronomique &#171; moderne &#187;. Ces chercheurs &#171; officiels &#187; constatent les r&#233;sultats &#233;tonnants de Masanobu Fukuoka mais ne cherchent pas, en g&#233;n&#233;ral, &#224; aller plus loin, pour, par exemple, r&#233;orienter leurs recherches et m&#233;thodes de travail. N&#233;anmoins, Masanobu Fukuoka continue &#224; communiquer, en se rendant dans des colloques, &#224; la t&#233;l&#233;vision, en accordant des interviews &#224; des journalistes, en &#233;crivant des articles. Bien qu'il ait une large audience au Japon, - il est &#224; l'origine d'un large retour des vergers sur couvert v&#233;g&#233;tal dans son pays -, il n'a pas connu la reconnaissance publique mais, bien plut&#244;t, des contraintes et des entraves de l'Etat japonais (confiscation, pendant une dizaine d'ann&#233;es, d'une vari&#233;t&#233; de riz qu'il avait s&#233;lectionn&#233;).
&lt;br /&gt;C'est en 1978, gr&#226;ce &#224; son livre intitul&#233; &lt;em&gt;The one straw revolution&lt;/em&gt; [&lt;a href='#nb95' class='spip_note' rel='footnote' title='La r&#233;volution d'un seul brin de paille, publi&#233; &#224; Tokyo en 1975, puis traduit et (...)' id='nh95'&gt;95&lt;/a&gt;]&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; que Masanobu Fukuoka commence &#224; &#234;tre mondialement connu. Ainsi, &#224; partir de 1979, il va voyager un peu partout. Il va tout d'abord aux USA, o&#249; il rencontre notamment le responsable du D&#233;partement des D&#233;serts des Nations Unies. Cette rencontre va &#234;tre d&#233;cisive pour la suite de son parcours. En effet, ce fonctionnaire de l'ONU lui demande si sa m&#233;thode peut changer le d&#233;sert d'Irak. Il invite Masanobu Fukuoka &#224; d&#233;velopper une m&#233;thode pour faire reverdir les d&#233;serts. D'abord impressionn&#233;, - &#171; je n'&#233;tais qu'un pauvre fermier sans pouvoir ni connaissances &#187; -, il en vient &#224; accepter le d&#233;fi : &#171; &#224; partir de ce moment, j'ai commenc&#233; &#224; penser que ma t&#226;che est de travailler sur le d&#233;sert &#187; [&lt;a href='#nb96' class='spip_note' rel='footnote' title='Reverdir le d&#233;sert, Un entretien de Masanobu Fukuoka avec Robert et Diane (...)' id='nh96'&gt;96&lt;/a&gt;]. Il va ensuite en Europe, et s'attache &#224; enseigner l'application de ses m&#233;thodes en Tha&#239;lande, aux Philippines, en Inde, en Afrique (1985). Il cherche particuli&#232;rement &#224; faire la d&#233;monstration de ses m&#233;thodes dans les zones d&#233;sertiques. Dans ce cadre, son objectif est de faire reverdir les d&#233;serts. La premi&#232;re exp&#233;rience &lt;em&gt;&#224; grande &#233;chelle&lt;/em&gt; de sa m&#233;thode de lutte contre les d&#233;serts et la d&#233;sertification a d&#233;marr&#233; en Gr&#232;ce, en mars 1998.
&lt;br /&gt;Masanobu Fukuoka a re&#231;u en 1988 le prix &#171; Magsaysay &#187;, l'&#233;quivalent du prix Nobel de la paix en Extr&#234;me-Orient, &#171; pour sa contribution mondiale au bien-&#234;tre de l'humanit&#233; &#187; [&lt;a href='#nb97' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; for his world-wide contribution to the well-being of mankind (...)' id='nh97'&gt;97&lt;/a&gt;].
&lt;br /&gt;Aujourd'hui, il continue &#224; diffuser son travail, bas&#233; sur des id&#233;es qu'il a mis au point et appliqu&#233; il y a d&#233;j&#224; un demi-si&#232;cle. Son influence sur l'agronomie ne cesse de s'&#233;tendre, quoiqu'une reconnaissance explicite du caract&#232;re pionnier de son &#339;uvre, notamment pour le d&#233;veloppement des &#171; techniques culturales simplifi&#233;es &#187; (TCS), ne soit pas toujours au rendez-vous.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les principes de l'agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka.&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;A partir du moment o&#249; il a ma&#238;tris&#233; son syst&#232;me d'agriculture simplifi&#233;e, Masanobu Fukuoka n'a cess&#233; de &#171; chercher &#224; d&#233;montrer la validit&#233; de cinq principes majeurs : pas de labourage, pas d'engrais, pas de pesticides, pas de semailles et pas de taille. Pendant les nombreuses ann&#233;es &#233;coul&#233;es depuis, [il] n'a pas dout&#233; une seule fois des possibilit&#233;s d'une agriculture naturelle qui renonce &#224; toute intervention et &#224; tout savoir humains &#187; [&lt;a href='#nb98' class='spip_note' rel='footnote' title='Fukuoka, M., L'agriculture naturelle, Art du non-faire, Th&#233;orie et pratique (...)' id='nh98'&gt;98&lt;/a&gt;]. Devant une telle ambition, on essaiera ici, seulement, d'expliciter un peu ces cinq principes, en relevant quelques cas o&#249; l'auteur lui-m&#234;me y d&#233;roge. Quant &#224; la question philosophique de la possibilit&#233; du renoncement &#224; toute intervention et &#224; tout savoir humain dans le d&#233;veloppement agricole, on y reviendra plus sp&#233;cifiquement aux &#167;3431 et 424, avec quelques r&#233;flexions relatives au contexte culturel et aux enjeux contradictoires de cette hypoth&#232;se fukuokienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;L'agriculture sans labour&lt;/em&gt;. Masanobu Fukuoka s&#232;me directement ses c&#233;r&#233;ales &#8211; le riz, notamment - &lt;em&gt;sur un couvert permanent de l&#233;gumineuses&lt;/em&gt;, souvent du tr&#232;fle blanc [&lt;a href='#nb99' class='spip_note' rel='footnote' title='De m&#234;me, il recommande l'absence de sarclage via l'inondation ponctuelle, le (...)' id='nh99'&gt;99&lt;/a&gt;].. Pour que ses semences ne soient pas &#233;touff&#233;es par la l&#233;gumineuse ou les adventices, il inonde son champ, pour freiner le couvert v&#233;g&#233;tal. Il vide ensuite sa rizi&#232;re pour semer [&lt;a href='#nb100' class='spip_note' rel='footnote' title='Il recourt &#224; l'inondation p&#233;riodique, limit&#233;e dans le temps, sept jours au (...)' id='nh100'&gt;100&lt;/a&gt;]. Egalement, il remet sur la parcelle toutes les pailles de la r&#233;colte pr&#233;c&#233;dente. Il s&#232;me, alors, dans cette liti&#232;re de mati&#232;res organiques. Dans le cas o&#249; le sol serait trop nu, o&#249; les graines seraient expos&#233;es aux oiseaux, ou pour un hivernage des graines, il utilise et pr&#233;conise d'enrober les semences dans des boulettes d'argile [&lt;a href='#nb101' class='spip_note' rel='footnote' title='R.B.P., p. 75-76 ; A.N., p. 198.' id='nh101'&gt;101&lt;/a&gt;] ou de calcium. Dans certains cas, il autorise un labourage l&#233;ger &#171; &#224; cinq centim&#232;tres environ &#187; [&lt;a href='#nb102' class='spip_note' rel='footnote' title='A.N., p. 199. Masanobu Fukuoka travaille dans des conditions climatiques (...)' id='nh102'&gt;102&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;Cultiver sans engrais&lt;/em&gt;. Masanobu Fukuoka consid&#232;re qu'il est quasiment inutile de pr&#233;parer du compost ou d'apporter des amendements. Il &#233;pand, parfois, quelques fientes de poules [&lt;a href='#nb103' class='spip_note' rel='footnote' title='Il remet m&#234;me en cause l'id&#233;e que les cendres de bois soit un bon (...)' id='nh103'&gt;103&lt;/a&gt;]. En revanche, il remet aux champs toutes les pailles. En s'appuyant sur l'observation de la nature sauvage, il consid&#232;re qu'un champ aussi peu travaill&#233; que possible, - ce qu'il recherche assid&#251;ment dans sa d&#233;marche -, auquel on remet la majeure partie de la mati&#232;re organique qu'il a produite la saison pr&#233;c&#233;dente, voit sa fertilit&#233; augmenter [&lt;a href='#nb104' class='spip_note' rel='footnote' title='R.B.P., p. 62 : &#171; Si la nature est livr&#233;e &#224; elle-m&#234;me, la fertilit&#233; augmente &#187;. (...)' id='nh104'&gt;104&lt;/a&gt;]. A la diff&#233;rence d'Howard qui a beaucoup travaill&#233; pour am&#233;liorer les techniques de compostage, M. Fukuoka se contente d'un compostage de surface, sans enfouissement. Si Howard veut faire le maximum pour la fertilit&#233; et les rendements en ayant recours &#224; un compostage sophistiqu&#233;, M. Fukuoka se satisfait d'une augmentation de la fertilit&#233; plus naturelle et plus &#233;conome en travail. N&#233;anmoins, il ne se refuse pas &#224; l'&#233;pandage limit&#233; [&lt;a href='#nb105' class='spip_note' rel='footnote' title='A.N., p. 199 ; il propose de 3 &#224; 6 quintaux / hectare de fumier de poules (...)' id='nh105'&gt;105&lt;/a&gt;] de fientes de canards ou de poules, pour fournir de &#171; l'engrais animal qui aide &#224; d&#233;composer la paille &#187; [&lt;a href='#nb106' class='spip_note' rel='footnote' title='R.B.P., p. 63.' id='nh106'&gt;106&lt;/a&gt;]. Enfin, on retiendra que, pour M. Fukuoka, la &lt;em&gt;for&#234;t&lt;/em&gt; et les &#233;l&#233;ments nutritifs de son &lt;em&gt;humus&lt;/em&gt;, sont bien la base d'un sol fertile et de la r&#233;ussite de l'agriculture. Pour lancer une ferme fukuokienne il faudrait ainsi s'assurer de la proximit&#233; d'une r&#233;serve d'humus : trouver un site pr&#232;s d'un &#171; bois naturel &#187; ou en faire pousser un [&lt;a href='#nb107' class='spip_note' rel='footnote' title='A.N., p. 160-162. Si l'on ne trouve pas de bois ou si l'on ne peut puiser (...)' id='nh107'&gt;107&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;S'abstenir des pesticides&lt;/em&gt;. Au premier abord, M. Fukuoka peut appara&#238;tre comme un agriculteur Bio &#171; classique &#187; avec ce principe. Or, aujourd'hui, certains pesticides &#171; &#233;cologiques &#187; ou certains produits de synth&#232;se sont exceptionnellement autoris&#233;s dans la l&#233;gislation europ&#233;enne de l'agriculture biologique. M. Fukuoka, comme Albert Howard, est plus puriste. Pour Howard, les maladies sont des professeurs qui indiquent &#224; l'agriculteur qu'il fait une erreur dans ses pratiques : il doit corriger en cons&#233;quence. M. Fukuoka, toujours plus simple, consid&#232;re que les maladies ou les invasions de pr&#233;dateurs se r&#233;gulent d'elles-m&#234;mes, pour peu que la ferme soit dans un environnement naturel pr&#233;serv&#233; : la croissance de la population de pr&#233;dateurs des cultures engendre spontan&#233;ment celle de leurs propres pr&#233;dateurs. Tout finit par rentrer dans l'ordre, moyennant une perte faible &#224; la r&#233;colte. En ce qui concerne la prolif&#233;ration des adventices, M. Fukuoka, dans ses t&#226;tonnements successifs, a relev&#233; plusieurs fa&#231;ons de les contr&#244;ler, dont l'inondation p&#233;riodique, le semis d'un couvert v&#233;g&#233;tal, le paillage, et le semis tr&#232;s pr&#233;coce, &#171; pendant que la moisson pr&#233;c&#233;dente m&#251;rit encore &#187; [&lt;a href='#nb108' class='spip_note' rel='footnote' title='R.B.P., p. 61-62 et p. 64.' id='nh108'&gt;108&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;Le semis direct&lt;/em&gt;. Inutile, pour Masanobu Fukuoka, de mettre les graines en terre. Il dit n'avoir jamais vu une graine suffisamment faible pour ne pas &#234;tre capable de s'implanter d'elle-m&#234;me. Si les conditions sont trop dures, au d&#233;sert par exemple, il recommande ses boulettes protectrices. Celles-ci prot&#232;gent les graines des pr&#233;dateurs mais aussi du soleil, et constituent une sorte de premier terreau, en attendant des pluies suffisantes pour d&#233;clencher la germination. Mais dans les conditions des champs de sa ferme, la structure souple et riche en d&#233;chets v&#233;g&#233;taux de la surface du sol ressemble &#224; l'humus des for&#234;ts : l'implantation des semences n'est pas difficile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* &lt;em&gt;Ne pas tailler les arbres et plantes&lt;/em&gt;. La taille modifie l'organisation naturelle des tiges ou des branches des arbres. Spontan&#233;ment, les branches des arbres se disposent id&#233;alement pour capter le maximum d'&#233;nergie solaire. La taille amenuise la capacit&#233; de photosynth&#232;se. Ou bien il faudrait la r&#233;p&#233;ter r&#233;guli&#232;rement, pour &#233;viter ce probl&#232;me, ou bien la taille ponctuelle cr&#233;e des zones du branchage artificiellement ombrag&#233;es, situation susceptible de favoriser les maladies. Masanobu Fukuoka reproche &#233;galement &#224; la taille visant &#224; avoir de gros fruits d'enclencher une production irr&#233;guli&#232;re d'ann&#233;e en ann&#233;e, alors qu'un arbre naturel donne des fruits, de calibres variables [&lt;a href='#nb109' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour Masanobu Fukuoka, la distribution naturelle du calibre des fruits est (...)' id='nh109'&gt;109&lt;/a&gt;], presque chaque ann&#233;e. N&#233;anmoins, il sugg&#232;re, le cas &#233;ch&#233;ant, &#171; une taille correctrice minimale, ne visant qu'&#224; rapprocher l'arbre de sa forme naturelle &#187;, tout comme, &#233;ventuellement, un palissage, dans le m&#234;me esprit, des jeunes fruitiers.&lt;/p&gt; &lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion de la premiere partie.&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;Mis &#224; part Rudolf Steiner, fils d'un fonctionnaire des chemins de fer austro-hongrois, les autres fondateurs ont tous eu une exp&#233;rience familiale et personnelle directe de l'agriculture paysanne traditionnelle. Il faudrait excepter aussi le m&#233;decin et biologiste Hans Peter Rusch. Cependant, son &#339;uvre de th&#233;oricien de la biologie, &#224; la diff&#233;rence de celle de Rudolf Steiner, n'a pas &#233;t&#233; re&#231;ue telle qu'elle par les agriculteurs du mouvement M&#252;ller : comme nous le verrons, elle sera filtr&#233;e, retraduite, interpr&#233;t&#233;e par Maria M&#252;ller et Hans M&#252;ller, dans leurs publications respectives et dans leurs conseils aux agriculteurs.
&lt;br /&gt;L'importance de ces racines paysannes a sans doute contribu&#233; &#224; une r&#233;ception bien plus positive de la tradition agricole qu'elle ne l'est dans l'agrochimie &#171; de rupture &#187; qui a &#233;t&#233; celle de Liebig. Ces racines auront aussi plus facilement donn&#233; une conscience vive de l'ali&#233;nation des paysans dans le monde moderne, des hommes et des femmes toujours plus exploit&#233;(e)s &#233;conomiquement, dans le m&#234;me temps que l'agronomie a n&#233;glig&#233; de plus en plus la terre en tant que matrice de vie. Mais ces enfants de paysans et paysannes se sont outill&#233;s pour lutter &#224; armes &#233;gales avec un mouvement de civilisation tendant &#224; les &#233;radiquer [&lt;a href='#nb110' class='spip_note' rel='footnote' title='Dupont Y., Pourquoi faut-il pleurer les paysans ? in Ecologie et politique, (...)' id='nh110'&gt;110&lt;/a&gt;] : tous ont fait de brillantes &#233;tudes, obtenant de hauts dipl&#244;mes (Rudolf Steiner, Hans M&#252;ller, et Hans Peter Rusch sont docteurs &#8211; en philosophie, botanique, et m&#233;decine), parfois dans des &#233;coles prestigieuses (l'Universit&#233; de Cambridge pour Howard). Sans pr&#233;juger du r&#244;le de ces &#233;tudes dans l'&#233;laboration de la pens&#233;e agrobiologique [&lt;a href='#nb111' class='spip_note' rel='footnote' title='Un Masanobu Fukuoka r&#233;p&#232;tera souvent que ses &#233;tudes de biologie ne lui ont (...)' id='nh111'&gt;111&lt;/a&gt;], nous pouvons retenir que ces cursus ont permis aux fondateurs d'&#234;tres plus &#224; m&#234;me de d&#233;chiffrer et de contrer les discours et strat&#233;gies des institutions et industries gouvernant l'&#233;volution dominante de l'agriculture au XX&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Citons, enfin, les deux principes les plus consensuels des fondateurs. Le premier, directement critique de l'agrochimie, dit qu'il faut nourrir le sol pour nourrir la plante. Le second, trait fondateur du holisme agrobiologique, &#233;nonce qu'un sol fertile donne des plantes, des animaux, et des &#234;tres humains en bonne sant&#233;. La d&#233;nonciation de l'oubli et de l'exploitation sans borne du sol, ainsi que la recherche d'une agriculture capable de nourrir les hommes tout en entretenant le donn&#233; de la fertilit&#233; naturelle, sont ainsi au centre de tous les questionnements agrobiologiques. Mais ce questionnement ouvre dans de multiples directions, tant socio-&#233;conomiques que culturelles et philosophiques, lesquelles recoupent, pas toujours tr&#232;s clairement, le questionnement &#233;cologique et agronomique. Proc&#233;dant du g&#233;n&#233;ral au particulier, nous allons d'abord resituer l'agriculture biologique au sein du vaste mouvement de la critique romantique de la modernit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Dans le Shropshire, pr&#232;s du Pays de Galles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Dans son article sur la carri&#232;re d'Howard, Louise Howard insiste sur le fait que son mari eut des sujets d'&#233;tudes tr&#232;s vastes (cf. Howard L., Sir Albert Howard's Career, in Soil and Health, Memorial number, 1948, p. 03-26.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Howard A., Testament Agricole, Pour une agriculture naturelle, Edition Vie et Action, Marcq-Lille, et CERAB, La Boissi&#232;re-Ecole, 1971, 238 p. (1&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;dition anglaise : Oxford University Press, 1940), p. 37. (R&#233;f&#233;rence souvent abr&#233;g&#233;e &#171; T.A. &#187; ou &#171; TA &#187; ci-dessous).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Howard A., Hop Experiments, 1904 (article disponible aux archives du Coll&#232;ge de Wye).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Howard A., Farming and gardenning for health or disease, Chapitre 1, Introduction. Cf. &lt;a href=&quot;http://journeytoforever.org/farm_library/howard.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://journeytoforever.org/farm_li&#8230;&lt;/a&gt;. Nous suivons l'&#233;dition en ligne de cet ouvrage d'Howard : la pr&#233;sentation par chapitres pagin&#233;s s&#233;par&#233;ment, sur le site Journey to forever, ne nous permet pas de donner les num&#233;ros de page de l'&#233;dition originale papier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Howard A., The General treatment of fungo&#239;d pests, Imperial Department of Agriculture from the West Indies, Pamphlet Series, n&#176;17, 43 p., 1902.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] Cf. Howard L.-E., Sir Albert Howard's Carreer, in Soil and Health, Memorial Number, 1948, p. 03-26, p. 04.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] Quand Howard arrive sur place, l'institut n'existe que sur le papier, mais une terre d'environ trente hectares n'&#233;tait pas encore allou&#233;e, qu'il obt&#238;nt imm&#233;diatement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] Dont plusieurs r&#233;sistantes &#224; la rouille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] Albert Howard n'est pas le p&#232;re de la th&#233;orie de la r&#233;sistance aux maladies. Pour Louise Howard, il devait cette inspiration &#224; Marshall Ward, l'un de ses professeurs &#224; Cambridge. Howard a gard&#233;, fortes dans son esprit, toutes les id&#233;es qu'il avait eut &#233;tudiant. En approfondissant les id&#233;es de Ward, il se demanda, t&#244;t, ce qui se passerait si l'on n'intervenait pas face aux maladies. Les plantes cultiv&#233;es ont-elles la m&#234;me dynamique que les plantes sauvages ? Les maladies apparaissent-elles et &#171; passent-elles &#187; naturellement ? C'est au cours de son long travail en Inde qu'il testera ses th&#233;ories et questions sous-jacentes. Le r&#233;sultat, en faveur du patrimoine donn&#233; de la sant&#233; naturelle, est une incitation permanente &#224; mettre les pratiques agricoles toujours plus en accord avec cette dynamique saine de la biosph&#232;re. Hans Peter Rusch et Masanobu Fukuoka rel&#232;veront &#233;galement cette v&#233;rit&#233;. A propos de l'infulence de M. Ward, Gregory Barton pr&#233;cise : &#171; Howard studied under Marshall Ward, a man with a catholic intellect that made him a fit successor to his mentor, Thomas Henry Huxley, the popularizer of Charles Darwin &#187; (cf. Barton G., Sir Albert Howard and the Forestry Roots of the Organic Movement, in Agricultural History, vol. 75, 2, 2001, p. 168-187, p. 171).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] C'est aussi lors de l'observation du travail des paysans indiens qu'il apprendra &#224; critiquer la monoculture et insistera sur l'int&#233;r&#234;t des cultures mixtes ou associ&#233;es, par exemple c&#233;r&#233;ales-l&#233;gumineuses. (Cf. T.A., p. 11-12).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] Howard A., Farming and gardenning for health or disease, ibid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] Au cours de cette p&#233;riode, Howard, en insistant aupr&#232;s de son administration de tutelle, parviendra &#224; prendre en charge six paires de b&#339;ufs. El&#233;ment de la puissance ordinaire de l'agriculture indienne, la population bovine &#233;tait cependant trop &#233;lev&#233; pour la nourriture existante, ce qui faisait qu'il y avait fr&#233;quemment des maladies qui d&#233;vastait le cheptel des campagnes. Howard, gr&#226;ce &#224; son exp&#233;rience agricole familiale, put bien s&#233;lectionner son b&#233;tail et organiser &#224; son gr&#233; leur habitat, hygi&#232;ne, gestion. Ce qui fit que, bien que plusieurs fois en contact avec des animaux malades, ses b&#339;ufs ne r&#233;agir pas &#224; la maladie, exactement comme ses vari&#233;t&#233;s de c&#233;r&#233;ales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] D&#232;s cette p&#233;riode, la qualit&#233; de son travail commence &#224; &#234;tre largement reconnue : il est &#233;lev&#233; au grade de Compagnon de l'Empire Indien en 1914.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] Cf. Howard A., Sir Albert Howard's Career, op. cit. Louise Howard explique que son mari a trait&#233; de l'agriculture d'une r&#233;gion d'Inde, avant de d&#233;montrer que toute l'agriculture tropicale &#233;tait un seul sujet, puis de terminer en montrant qu'agriculture tropicale et temp&#233;r&#233;e suivaient &#171; un seul et m&#234;me ensemble de lois &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] Une compr&#233;hension v&#233;ritablement holiste, irr&#233;ductible &#224; l'addition de &#171; savoirs &#187; de sp&#233;cialistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] T.A., p. 38.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh18' id='nb18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] Ibid., p. 37. Pr&#232;s du tiers des pages de son ma&#238;tre livre sont consacr&#233;es &#224; la technique et &#224; l'&#233;volution du proc&#233;d&#233; Indore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh19' id='nb19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] Plusieurs fois, pour manifester publiquement la dimension collective de leurs recherches, les Howard pratiqu&#232;rent la &#171; signature tournante &#187; de leurs publications. Sydney et B&#233;atrice Webb (1859-1947 et 1858-1943) contribu&#232;rent au d&#233;veloppement du socialisme en Grande-Bretagne. Sydney Webb fonda la Fabian Society en 1899 et dirigea le parti travailliste en 1915 (cf. Le Robert des noms propres, Article Webb Sydney).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh20' id='nb20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] L'aristocratie anglaise et la famille royale sont rest&#233;es amies de la campagne. Il &#171; subsiste dans les m&#339;urs quelque chose de cette vieille alliance de la campagne et de l'aristocratie et une lancinante nostalgie de la campagne &#224; laquelle John Milton empruntait les caract&#232;res de son Paradis perdu. La campagne ennoblit. Tout ce qui inspire le respect, tout ce qui pr&#233;tend au prestige se doit de s'entourer d'un cadre agreste : imagine-t-on le palais royal sans un vaste parc, la cath&#233;drale sans son close, l'universit&#233; de Cambridge sans ses backs, un duc d&#233;pourvu d'une r&#233;sidence campagnarde ? &#187;
(Cf. Moindrot, C., Villes et campagnes britanniques, Armand Colin, Coll. U, 320 p., 1967, p. 295)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh21' id='nb21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] Contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, Rudolf Steiner n'est pas le pionnier de l'agriculture biologique. Ses travaux datent de la d&#233;cennie 1920-1930, alors que les premiers travaux et r&#233;sultats d'Howard, sans engrais chimiques, datent, comme nous venons de le voir, de la premi&#232;re d&#233;cennie du 143dsi&#232;cle. Nous &#233;voquerons aussi l'agriculture naturelle germanophone, qui trouve ses commencements dans les mouvements de Lebensreform, d&#232;s la d&#233;cennie 1890.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh22' id='nb22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] Commentant l'&#233;volution du travail de son mari, notamment autour du compostage, Louise Howard &#233;crit : &#171; As the years passed, an ever deeper view was gained of the complex character of all that makes up this, the second half of the Wheel of Life, which gradually led to a most comprehensive and an almost philosophic conception of natural law in the mind of the principal investigator, a conception which coloured his whole attitude to science and his place in human affairs, and which i twas one of his achievements to be able to impart to his followers &#187; (Howard L.-E., Sir Albert Howard's Carreer, op. cit., p. 16).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh23' id='nb23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] Howard ne semble pas s'&#234;tre risqu&#233; &#224; r&#233;duire la question de la sant&#233; des v&#233;g&#233;taux sauvages &#224; ce crit&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh24' id='nb24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] &#171; It is well known that healthy and vigorous trees have the power of protecting themselves in several ways when their bark is wounded. &#187; (Cf. Howard A., The General treatment of fungo&#239;d pests, 1902, op. cit., p. 21).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh25' id='nb25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] T.A., Introduction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh26' id='nb26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] Dictionnaire Le Robert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh27' id='nb27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] T.A., p. 02.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh28' id='nb28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] Farming and gardenning for health or disease, Chapitre 1, Introduction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh29' id='nb29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] Son coll&#232;gue George Clarke confirma amplement ses r&#233;sultats : en augmentant le taux d'humus de sa station d'essai de Shahjahanpur, en adoptant de simples am&#233;liorations dans les pratiques culturales, ainsi que le recours &#224; l'engrais vert, il fut capable de tripler les rendements de la canne &#224; sucre et du bl&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh30' id='nb30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] Une perspective qui relativise l'importance de &#171; la survie du plus fort &#187; pour comprendre la dynamique du vivant (Cf. Pelt J.-M., La solidarit&#233; chez les plantes, les animaux, les humains, Fayard, Paris, 2004, 196 p.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh31' id='nb31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] &#171; In Nature animals and plants lead an interlocked existence. The connection could not be closer, more permanent, or more crucial. We can observe this partnership in operation in the forest, in the prairie, in marshes, streams, rivers, lakes, and the ocean. &#187; (Cf. Howard A., The animal as our farming partner, Organic Gardening, Vol. II, n&#176; 3, September 1947). Howard s'inspire de la &#171; mixed farm &#187;, une association animaux-plantes qu'il a vu fonctionner avec succ&#232;s sur la ferme familiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh32' id='nb32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] Testament agricole, p. 06-09 et 204-206.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh33' id='nb33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] Ibid., p. 206. Voir aussi les pages 171-203 et 206-208.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh34' id='nb34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] Steiner R., Une autobiographie, Ed. Alice Sauerwein, PUF, Paris, p. 20-21.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh35' id='nb35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] Xavier Florin nous pr&#233;cisa en entretien qu'il s'agit d'une autobiographie intellectuelle : elle relate uniquement ce que Steiner estima n&#233;cessaire &#224; la compr&#233;hension de son parcours de &#171; connaissance &#187;. Cette autobiographie &#233;carte les autres &#233;v&#233;nements de sa vie car Steiner consid&#233;ra qu'elle concernait sa vie priv&#233;e et n'int&#233;ressait pas le lecteur. (Entretien avec Xavier Florin, Lanouaille (24), Octobre 2001). Nous pouvons alors nous demander s'il n'eut pas &#233;t&#233; plus l&#233;gitime d'intituler autrement cet ouvrage. Par exemple, &#171; Gen&#232;se et d&#233;veloppement de mon &#339;uvre &#187; nous semblerait plus &#224; propos. Cette remarque en appelle une seconde : Rudolf Steiner voulait-il vraiment faciliter la compr&#233;hension critique de sa d&#233;marche en &#233;cartant la plupart des &#233;v&#233;nements non cognitifs de son Autobiographie ? Peut-on vouloir &#234;tre philosophe en n'explicitant pas d'o&#249; nous est venu notre conception du monde ? Entre l'&#233;vacuation des motifs non directement cognitifs et le droit l&#233;gitime au respect de la vie priv&#233;e, il nous semble qu'il y a, dans la perspective (auto)biographique, un espace de la vie interm&#233;diaire &#224; &#233;clairer, lequel rel&#232;ve en quelque sorte des choix professionnels : quels sont les motifs qui ont pouss&#233; Steiner &#224; s'engager et &#224; perdurer dans des recherches &#233;sot&#233;riques et th&#233;oriques diverses ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh36' id='nb36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] Steiner R., Autobiographie, 2 volumes, EAR, 1923-1925. Je souligne. Il faudrait analyser l'origine et le type d'&#233;pist&#233;mologie vers lequel tend l'approche qui parle d'un espace hors de l'homme et d'une sorte d'espace psychique dans l'homme (cf. &#167;243).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh37' id='nb37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] Steiner R., Une autobiographie, op. cit., p. 27.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh38' id='nb38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] Cf. Steiner R., Une autobiographie, Ed. Alice Sauerwein, p. 60-61. Franz Brentano (1838-1917), philosophe et psychologue allemand, d&#233;finit la conscience par son &#171; intentionnalit&#233; &#187; (&#171; Toute conscience est conscience de quelque chose &#187;) et la repr&#233;sentation comme une vis&#233;e de l'objet lui-m&#234;me et non sa reproduction dans l'esprit. Il est le p&#232;re de la psychologie descriptive et un pr&#233;curseur de la m&#233;thode ph&#233;nom&#233;nologique, notamment d&#233;velopp&#233;e par Edmund Husserl (cf. Le Robert des noms propres, Article Brentano Franz). Nous retrouverons plus loin Steiner et Husserl face-&#224;-face. Tous deux sont int&#233;ress&#233;s par l'&#339;uvre de Brentano, mais ils proposent des interpr&#233;tations diam&#233;tralement oppos&#233;es de la raison humaine, ce que nous analyserons &#224; partir du probl&#232;me de l'origine de la g&#233;om&#233;trie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh39' id='nb39' class='spip_note' title='Notes 39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] Le groupe O.T.O. existe toujours et a &#233;t&#233; class&#233; &#171; secte &#187; dans le rapport parlementaire fran&#231;ais n&#176; 2468. cf. &lt;a href=&quot;http://www.info-sectes.org/masques/sectes.htm&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.info-sectes.org/masques/&#8230;&lt;/a&gt;. Il convient n&#233;anmoins d'&#234;tre tr&#232;s prudent avec l'usage du qualificatif de &#171; secte &#187;. Pour une approche mesur&#233;e de la question, voir Introvigne M. et Gordon-Melton J. (dir.), Pour en finir avec les sectes, Le d&#233;bat sur le rapport de la commission parlementaire, Ed. CESNUR-Di Giovanni, Paris, 1996, 355 p. Le rapport parlementaire n&#176; 1687, pr&#233;sid&#233; par le d&#233;put&#233; Jacques Guyard, avait d&#233;clench&#233; de vives controverses, notamment en taxant l'anthroposophie de &#171; secte &#187; (cf. Guyard J., Les sectes et l'argent, Commission d'enqu&#234;te, Rapport n&#176; 1687, Ed. Assembl&#233;e nationale, 1999, 347 p.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh40' id='nb40' class='spip_note' title='Notes 40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] Verlinde J.-M., Quand le voile se d&#233;chire&#8230;, Le d&#233;fi de l'&#233;sot&#233;risme au christianisme, Tome 1, Saint Paul ,Versailles, 2000, 322 p., p.148.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh41' id='nb41' class='spip_note' title='Notes 41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] Ibid., p. 149.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh42' id='nb42' class='spip_note' title='Notes 42' rev='footnote'&gt;42&lt;/a&gt;] Ibid., p. 148.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh43' id='nb43' class='spip_note' title='Notes 43' rev='footnote'&gt;43&lt;/a&gt;] Ibid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh44' id='nb44' class='spip_note' title='Notes 44' rev='footnote'&gt;44&lt;/a&gt;] Ari&#232;s P., Anthroposophie : enqu&#234;te sur un pouvoir occulte, Editions Golias, Villeurbanne, 2001, 288 p., p. 19-20.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh45' id='nb45' class='spip_note' title='Notes 45' rev='footnote'&gt;45&lt;/a&gt;] Verlinde J.-M., op. cit., p. 149.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh46' id='nb46' class='spip_note' title='Notes 46' rev='footnote'&gt;46&lt;/a&gt;] Rihou&#235;t-Coroze S., Qui &#233;tait Rudolf Steiner ?, Triades, Paris, 1973, p. 94, cit&#233; in Verlinde J.-M., op cit., p. 149.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh47' id='nb47' class='spip_note' title='Notes 47' rev='footnote'&gt;47&lt;/a&gt;] M&#252;cke J. et Rudolf A.-A., Souvenirs : Rudolf Steiner et l'universit&#233; de Berlin, 1899-1904, Ed. EAR, Gen&#232;ve, cit&#233; in Ari&#232;s P., Anthroposophie : enqu&#234;te sur un pouvoir occulte, Ed. Golias, p. 20.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh48' id='nb48' class='spip_note' title='Notes 48' rev='footnote'&gt;48&lt;/a&gt;] Galtier G., Ma&#231;onnerie Egyptienne, Rose-Croix et N&#233;o-Chevalerie, Ed. du Rocher, Paris, 1989, p. 304, cit&#233; in Verlinde J.-M., Quand le voile se d&#233;chire&#8230;, op. cit., p. 151.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh49' id='nb49' class='spip_note' title='Notes 49' rev='footnote'&gt;49&lt;/a&gt;] La Soci&#233;t&#233; Th&#233;osophique a &#233;t&#233; fond&#233;e par Helena Petrova Blavatsky (1831-1891) et Henry Steele Olcott en 1875. Sur le sujet, voir notamment Verlinde J.-M., Quand le voile se d&#233;chire&#8230;, op. cit., p. 125-146. L'auteur, citant La doctrine secr&#232;te de Blavatsky, note les buts de la Socit&#233;t&#233; Th&#233;osophique. Celle-ci vise &#224; &#171; rassembler et diffuser la connaissance des Lois qui gouvernent l'univers &#187;. Elle se propose &#171; 1- Former un noyau de la Fraternit&#233; Universelle de l'Humanit&#233; sans distinction de race, croyance, sexe, caste ou couleur ; 2 &#8211; Encourager l'&#233;tude compar&#233;e des religions, des philosophies et des sciences ; 3 &#8211; Explorer les lois inexpliqu&#233;es de la Nature et les pouvoirs latents en l'homme &#187; (p.128-129).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh50' id='nb50' class='spip_note' title='Notes 50' rev='footnote'&gt;50&lt;/a&gt;] Verlinde J.-M., Quand le voile se d&#233;chire&#8230;, op. cit., p. 152.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh51' id='nb51' class='spip_note' title='Notes 51' rev='footnote'&gt;51&lt;/a&gt;] Ibid., p. 153.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh52' id='nb52' class='spip_note' title='Notes 52' rev='footnote'&gt;52&lt;/a&gt;] Le domaine agricole de Koberwitz &#233;tait situ&#233; pr&#232;s de Breslau en Allemagne (aujourd'hui Wroclaw, en Pologne).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh53' id='nb53' class='spip_note' title='Notes 53' rev='footnote'&gt;53&lt;/a&gt;] Meyer R., Avant-propos, in Keyserlingk A. (von), La naissance de l'agriculture bio-dynamique, p. 21-28, p. 21.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh54' id='nb54' class='spip_note' title='Notes 54' rev='footnote'&gt;54&lt;/a&gt;] Bideau G., Rep&#232;res, in Keyserlingk A. (von), La naissance de l'agriculture bio-dynamique, p. 15-20, p. 15.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh55' id='nb55' class='spip_note' title='Notes 55' rev='footnote'&gt;55&lt;/a&gt;] Bideau G., Rep&#232;res, ibid. ; Ari&#232;s P., op. cit., p. 199.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh56' id='nb56' class='spip_note' title='Notes 56' rev='footnote'&gt;56&lt;/a&gt;] Bideau G., ibid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh57' id='nb57' class='spip_note' title='Notes 57' rev='footnote'&gt;57&lt;/a&gt;] Ari&#232;s P., op. cit. Pfeiffer est chimiste pour Paul Ari&#232;s, il est biologiste selon la 4&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; de couverture de la F&#233;condit&#233; de la terre. Selon G&#233;rard Schmidt, il fut &#171; vers la fin de sa carri&#232;re, le directeur d'un laboratoire de chimie biologique &#224; Spring Valley (USA) &#187; (cf. Schmidt G., Avant propos, in Pfeiffer E. et Riese E., Le gai jardin potager, Triades, p. 08).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh58' id='nb58' class='spip_note' title='Notes 58' rev='footnote'&gt;58&lt;/a&gt;] Il s'agit du titre du premier tome des &#339;uvres posthumes de la comtesse de Keyserlingk (cf. Meyer R., Avant-propos, op. cit.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh59' id='nb59' class='spip_note' title='Notes 59' rev='footnote'&gt;59&lt;/a&gt;] Karl von Keyserlingk d&#233;crit ainsi l'ambiance du Cours aux agriculteurs : &#171; Je fus effray&#233; de l'aspect pitoyable de Rudolf Steiner &#8211; totalement chang&#233;. Des nouvelles avaient filtr&#233; jusque chez nous depuis Dornach sur sa grave maladie. [&#8230;] Ces nouvelles laissaient pr&#233;sumer que l'existence sur le plan physique &#233;tait devenue presque impossible pour lui. [&#8230;] Il me semblait que Rudolf Steiner s'&#233;tait &#233;lev&#233; avec son esprit dans des r&#233;gions c&#233;lestes encore plus hautes &#8211; la distance entre lui et les hommes n'en &#233;tait que plus grande et plus effrayante. Il &#233;tait bouleversant de le voir &#8211; tous eurent la m&#234;me impression &#187; (cf. Keyserlingk A. (von), La naissance de l'agriculture bio-dynamique, p. 92.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh60' id='nb60' class='spip_note' title='Notes 60' rev='footnote'&gt;60&lt;/a&gt;] Sattler F. et Wistinghausen E. (von), La Ferme Biodynamique, Ed. Arts Graphiques Europ&#233;ens, Paris, 1987, 340 p. (Ed. Ulmer, Stuttgart, 1985).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh61' id='nb61' class='spip_note' title='Notes 61' rev='footnote'&gt;61&lt;/a&gt;] Florin J.-M., Entretien avec l'auteur, Lanouaille (24), 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh62' id='nb62' class='spip_note' title='Notes 62' rev='footnote'&gt;62&lt;/a&gt;] De France J.-M., Entretien avec un repr&#233;sentant des magasins Satoriz. [cf. w.satoriz.com/index_new.php ?page=les-entretients&amp;NUM_ARTICLE=218&amp;NUM_RUBRIQUE=5, visite de 10/2006&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh63' id='nb63' class='spip_note' title='Notes 63' rev='footnote'&gt;63&lt;/a&gt;] Soper J., Pour comprendre le cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner, Ed. Le courrier du livre, 1980, p. 157-158.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh64' id='nb64' class='spip_note' title='Notes 64' rev='footnote'&gt;64&lt;/a&gt;] Il aura recours &#224; l'&#233;ducation, &#224; la politique (avec des d&#233;rives graves), &#224; la religion, &#224; la science, et &#224; l'agriculture biologique, finalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh65' id='nb65' class='spip_note' title='Notes 65' rev='footnote'&gt;65&lt;/a&gt;] Ce sera son credo pour aider les paysans &#224; r&#233;sister &#224; la crise &#233;conomique de 1929.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh66' id='nb66' class='spip_note' title='Notes 66' rev='footnote'&gt;66&lt;/a&gt;] Comme la pomme de terre, dans le contexte suisse d'alors.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh67' id='nb67' class='spip_note' title='Notes 67' rev='footnote'&gt;67&lt;/a&gt;] Institut de Recherche de l'Agriculture Biologique. L'IRAB, (ou FIBL en allemand), est install&#233; &#224; Frick, pr&#232;s de B&#226;le. C'est le plus gros institut de recherche sur l'agriculture biologique en Europe. Nettement orient&#233; vers les approches techniques et &#233;conomiques, il est &#224; l'origine de l'essai &#171; DOC &#187;, une comparaison, sur vingt ans, des agricultures bio-dynamiques, biologiques, et conventionnelles. Hans M&#252;ller, malgr&#233; son doctorat en botanique, ne s'est gu&#232;re souci&#233; de l'aspect technique de l'agriculture biologique : il n'a jamais &#233;crit sur cet aspect. De plus, comme nous l'a confi&#233; W. Scheidegger, il minimisait le probl&#232;me lors de ses conf&#233;rences pour inciter &#224; la conversion &#224; la Bio ; ses coll&#232;gues se chargeaient de les reconna&#238;tre et de les expliquer aux agriculteurs int&#233;ress&#233;s. Pour la technique, il s'en remettra &#224; d'autres, tels Maria, son &#233;pouse, ou le m&#233;decin Hans Peter Rusch. Fils de paysan, il conna&#238;t le m&#233;tier et il voit surtout l'agrobiologie comme un prolongement de la tradition paysanne. Avec la modernisation des conditions de travail et de vie, la simplicit&#233; de la vie paysanne attira de moins d'agriculteurs. De plus, il faut reconna&#238;tre que l'agriculture biologique va, au moins dans la perspective d'Howard, au-del&#224; d'une certaine monotonie de la tradition paysanne : la Bio n'est pas qu'un moyen de se maintenir, elle est aussi une agriculture engag&#233;e dans une dynamique consciente de recherche, visant &#224; intensifier la production agricole, dans l'espoir d'un profit commercial ouvrant sur les libert&#233;s du monde moderne. Des jeunes du mouvement M&#252;ller, dont son propre fils, plus dans cet &#233;tat d'esprit progressiste, soutiendront la naissance de l'IRAB. On a eut l&#224;, &#224; l'int&#233;rieur du mouvement du mouvement Bio de Suisse, une sorte de conflit des anciens et des modernes. Quoiqu'il en soit, dans les esprits des agrobiologistes suisses, comme pour les membres de l'&#233;quipe pionni&#232;re de l'IRAB, Hans M&#252;ller demeure le fondateur du mouvement dans leur pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh68' id='nb68' class='spip_note' title='Notes 68' rev='footnote'&gt;68&lt;/a&gt;] Schaumann W., Siebeneicher G.-E., Lunzer I., Geschichte des okologischen Lanbaus, S&#214;L, Sonderausgabe n&#176; 65, Bad Durkeim, 2002, 200 p., p. 157-158.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh69' id='nb69' class='spip_note' title='Notes 69' rev='footnote'&gt;69&lt;/a&gt;] Scheidegger W., Entretien ave l'auteur, Suisse, Ao&#251;t 2002.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh70' id='nb70' class='spip_note' title='Notes 70' rev='footnote'&gt;70&lt;/a&gt;] Scheidegger W., ibid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh71' id='nb71' class='spip_note' title='Notes 71' rev='footnote'&gt;71&lt;/a&gt;] Scheidegger W., ibid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh72' id='nb72' class='spip_note' title='Notes 72' rev='footnote'&gt;72&lt;/a&gt;] Viel J.-M., L'agriculture biologique en France, Th&#232;se de 3&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; cycle, IEDES, Paris, 1978, p. 48.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh73' id='nb73' class='spip_note' title='Notes 73' rev='footnote'&gt;73&lt;/a&gt;] Moser P., Entretien ave l'auteur, Bern, Ao&#251;t 2002.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh74' id='nb74' class='spip_note' title='Notes 74' rev='footnote'&gt;74&lt;/a&gt;] Moser P., ibid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh75' id='nb75' class='spip_note' title='Notes 75' rev='footnote'&gt;75&lt;/a&gt;] Moser P., ibid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh76' id='nb76' class='spip_note' title='Notes 76' rev='footnote'&gt;76&lt;/a&gt;] Selon Otto Schmid, &#171; au d&#233;but des ann&#233;es 1950, Hans M&#252;ller a collabor&#233; avec les biodynamistes, il a m&#234;me distribu&#233; des pr&#233;parats &#187;. Cependant, avec l'engagement de sa collaboration avec Rusch, &#171; il diminuera ses contacts avec les biodynamistes, peut-&#234;tre pour des diff&#233;rences religieuses, Hans M&#252;ller semblant plus traditionnel que les biodynamistes sur ce plan-l&#224; &#187; (Schmid O., Entretien avec l'auteur, IRAB, Ao&#251;t 2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh77' id='nb77' class='spip_note' title='Notes 77' rev='footnote'&gt;77&lt;/a&gt;] Dans la suite de ce travail j'abr&#232;ge le nom de la coop&#233;rative Anbau-und Verwertungsgenossenschaft en A.V.G.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh78' id='nb78' class='spip_note' title='Notes 78' rev='footnote'&gt;78&lt;/a&gt;] Edmund Ernst est un personnage qui semble jouer un r&#244;le d'interface entre la foi protestante du couple M&#252;ller et l'anthroposophie. Il est l'auteur de plusieurs articles dans Kultur und Politik et d'un ouvrage sur cette question : Ernst E., Reformation oder Anthroposophie ?, Ed. paul Haupt. Akademische Buchhandlung, Bern, 1924, 126 p.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh79' id='nb79' class='spip_note' title='Notes 79' rev='footnote'&gt;79&lt;/a&gt;] La d&#233;clinaison religieuse de l'anthroposophie s'appelle la &#171; Communaut&#233; des chr&#233;tiens &#187; ; elle occupe &#171; une place originale puisqu'elle constitue le passage entre le protestantisme confessionnel et l'occultisme &#187; (cf. Ari&#232;s P., Anthroposophie : enqu&#234;te sur un pouvoir occulte, p. 266).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh80' id='nb80' class='spip_note' title='Notes 80' rev='footnote'&gt;80&lt;/a&gt;] Mais, comme nous le verrons, la rupture compl&#232;te de l'agriculture biologique de M&#252;ller avec la biodynamie est difficile : Rusch prolonge l'h&#233;sitation en trouvant int&#233;ressante la m&#233;thode des cristallisations sensibles et en se r&#233;f&#233;rant beaucoup &#224; Goethe, tout en disant rechercher une agrobiologie exempte d'occultisme. Par ailleurs, l'interpr&#233;tation de Jeanne-Marie Viel, pour qui Hans M&#252;ller serait un &#171; fils spirituel de Rudolf Steiner &#187;, nous semble exag&#233;r&#233;e (Viel J.-M., Communication personnelle, 2004).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh81' id='nb81' class='spip_note' title='Notes 81' rev='footnote'&gt;81&lt;/a&gt;] Cf. ww.shop.mikroveda.com [viste de 09/2006].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh82' id='nb82' class='spip_note' title='Notes 82' rev='footnote'&gt;82&lt;/a&gt;] Outre ses articles dans Kultur und Politik, Hans Peter Rusch a publi&#233; trois livres, dont seul le dernier a &#233;t&#233; traduit et publi&#233; en France : La loi de la conservation de la substance vivante (1951) ; Sciences naturelles de demain (1955) ; La f&#233;condit&#233; du sol, Une &#233;tude sur la pens&#233;e biologique (1968).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh83' id='nb83' class='spip_note' title='Notes 83' rev='footnote'&gt;83&lt;/a&gt;] Il mena ces recherches au sein du groupe de travail d'Helmut Mommsen. Le sujet en &#233;tait la &#171; th&#233;rapie microbiologique &#187; : la d&#233;g&#233;n&#233;ration des flores bact&#233;riennes des muqueuses et leur gu&#233;rison par la pr&#233;paration microbienne &#171; Symbioflor &#187; (Cf. Gunter Vogt, op. cit.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh84' id='nb84' class='spip_note' title='Notes 84' rev='footnote'&gt;84&lt;/a&gt;] Rusch H.-P. et Kolb H., Der Kreislauf der Bakterien als Lebensprinzip, in Hippokrates, Zeitschrift f&#252;r praktische Heilkunde, 21, 12, 1950, p. 623-630, cit&#233; in Vogt G., ibid., p. 209.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh85' id='nb85' class='spip_note' title='Notes 85' rev='footnote'&gt;85&lt;/a&gt;] Santo E. et Rusch H.-P, Das Gesetz von der Erhaltung der lebendigen Substanz, in Wiener Medizinische Wochenschrift, 101, 37, p. 706-713 et 38, p. 725-734, 1951, cit&#233; in Vogt G., ibid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh86' id='nb86' class='spip_note' title='Notes 86' rev='footnote'&gt;86&lt;/a&gt;] Gisiger L., Biologischer Landbau, die Agrikulturechemie, die Landwirschat und der Konsument, in Der Scweizer Bauer, 106, 13, Beilage, p. 03 et 106, 16, Beilage, p. 02-03, 1952, cit&#233; in Vogt G., ibid.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh87' id='nb87' class='spip_note' title='Notes 87' rev='footnote'&gt;87&lt;/a&gt;] Selon Volker Rusch, c'est surtout le coup financier excessif qui a nuit au Test Rusch : &#171; The Rusch Test was performed by our institute for microecology until the early eighties of the 20. century. We stopped it due to exorbitant high costs and a shift in the institutes interests. Thus, the reason for the non-success is mainly an economical one. Scientifically, the test was quite reasonable &#187;. Pour la validit&#233; scientifique du test, Volker Rusch s'appuie sur ses propres travaux : Deavin A., Horsgood R.K. and Rusch V, Rhizosphere microflora in relation to soil conditions. Part I : Comparison of bacteria in soil, rhizosphere and rhizoplane. Zbl.Bakt. II Abt. 136, (1981), p. 613-618 ; Deavin A., Horsgood R.K. and Rusch V, Rhizosphere microflora in relation to soil conditions. Part II : Rhizosphere and soil &#171; coliform &#187; bacteria, Zbl.Bakt. II Abt. 136, (1981), p. 619-627 (cf. Rusch V., Courriel &#224; l'auteur, 11 2006).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh88' id='nb88' class='spip_note' title='Notes 88' rev='footnote'&gt;88&lt;/a&gt;] Dans sa phase d'&#233;mergence comme mouvement d'agriculture biologique, en servant de moyen p&#233;dagogique pour faciliter la transition des paysans de la pens&#233;e agrochimique &#224; la pens&#233;e biologique. (Cf. Gunter Vogt, op. cit., p. 216).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh89' id='nb89' class='spip_note' title='Notes 89' rev='footnote'&gt;89&lt;/a&gt;] Aubert C., L'agriculture biologique, Une agriculture pour la sant&#233; et l'&#233;panouissement de l'homme, Ed. Le courrier du livre, 1970, p. 190.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh90' id='nb90' class='spip_note' title='Notes 90' rev='footnote'&gt;90&lt;/a&gt;] L'&#238;le de Shikoku, &#171; quatre pays &#187;, est situ&#233;e au sud du Japon, vers le 35&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; parall&#232;le (Afrique du Nord, M&#233;diterran&#233;e orientale). L'&#238;le est montagneuse, elle culmine &#224; 1950 m. Sa superficie est de 19 000 km2 et sa population compte un peu plus de 4 200 000 habitants. De vastes for&#234;ts occupent son territoire, et, malgr&#233; la pr&#233;sence d'activit&#233;s industrielles (m&#233;tallurgie du cuivre, p&#233;trochimie), l'&#233;conomie est surtout agricole et artisanale. L'&#233;migration y est intense. (Cf. Le Robert des noms propres, Article &#171; Shikoku &#187;, Edition de 1998).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh91' id='nb91' class='spip_note' title='Notes 91' rev='footnote'&gt;91&lt;/a&gt;] Au cours de son cursus &#233;tudiant, Masanobu Fukuoka fut l'&#233;l&#232;ve du professeur Kurosawa, le p&#232;re de la gibb&#233;relline. (D'apr&#232;s Bernadette Prieur, la traductrice de La r&#233;volution d'un seul brin de paille en fran&#231;ais, qui a rencontr&#233; Masanobu Fukuoka sur sa ferme. Communication personnelle, 2001).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh92' id='nb92' class='spip_note' title='Notes 92' rev='footnote'&gt;92&lt;/a&gt;] Fukuoka M., La r&#233;volution d'un seul brin de paille, Tr&#233;daniel, Paris, 1983, 202 p., p. 18. (Abr&#233;g&#233; ci-dessous R.B.P.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh93' id='nb93' class='spip_note' title='Notes 93' rev='footnote'&gt;93&lt;/a&gt;] Il perdit ainsi, dans cette premi&#232;re vague de ses recherches pratiques, environ quatre cent mandariniers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh94' id='nb94' class='spip_note' title='Notes 94' rev='footnote'&gt;94&lt;/a&gt;] RBP, p. 43.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh95' id='nb95' class='spip_note' title='Notes 95' rev='footnote'&gt;95&lt;/a&gt;] La r&#233;volution d'un seul brin de paille, publi&#233; &#224; Tokyo en 1975, puis traduit et publi&#233; aux Etats-Unis en 1978. Traduit en diverses langues, dont le fran&#231;ais en 1983.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh96' id='nb96' class='spip_note' title='Notes 96' rev='footnote'&gt;96&lt;/a&gt;] Reverdir le d&#233;sert, Un entretien de Masanobu Fukuoka avec Robert et Diane Gilman, 1986. Traduit de l'anglais par Michel Dussandier, 1997, (sur le Web).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh97' id='nb97' class='spip_note' title='Notes 97' rev='footnote'&gt;97&lt;/a&gt;] &#171; for his world-wide contribution to the well-being of mankind &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh98' id='nb98' class='spip_note' title='Notes 98' rev='footnote'&gt;98&lt;/a&gt;] Fukuoka, M., L'agriculture naturelle, Art du non-faire, Th&#233;orie et pratique pour une philosophie verte, Traduit de l'anglais par Thierry Pi&#233;lat, Guy Tr&#233;daniel, Paris, 1989, (Japan Publications, 1985), 326 p. 09. (Abr&#233;g&#233; ci-dessous A.N.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh99' id='nb99' class='spip_note' title='Notes 99' rev='footnote'&gt;99&lt;/a&gt;] De m&#234;me, il recommande l'absence de sarclage via l'inondation ponctuelle, le couvert permanent, et le mulching.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh100' id='nb100' class='spip_note' title='Notes 100' rev='footnote'&gt;100&lt;/a&gt;] Il recourt &#224; l'inondation p&#233;riodique, limit&#233;e dans le temps, sept jours au maximum, &#224; diff&#233;rents stades de croissance de ses cultures, en fonction du d&#233;veloppement du couvert : la c&#233;r&#233;ale doit toujours d&#233;passer le couvert. Pour une &#171; description minutieuse, &#233;tape par &#233;tape, des op&#233;rations qui d&#233;butent au moment de la moisson d'automne du riz &#187; sur la ferme de M. Fukuoka, on lira les pages 196-203 de L'agriculture naturelle, consacr&#233;es &#224; &#171; La rotation riz/orge par semis direct, sans labour, avec couverture d'engrais vert &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh101' id='nb101' class='spip_note' title='Notes 101' rev='footnote'&gt;101&lt;/a&gt;] R.B.P., p. 75-76 ; A.N., p. 198.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh102' id='nb102' class='spip_note' title='Notes 102' rev='footnote'&gt;102&lt;/a&gt;] A.N., p. 199. Masanobu Fukuoka travaille dans des conditions climatiques qui permettent les champs irrigu&#233;s. L'archipel japonais conna&#238;t deux passages du front de mousson, l'un entre mi-juin et fin juillet, l'autre en septembre. Trois &#224; quatre typhons, en moyenne, touchent &#233;galement le Japon chaque ann&#233;e, au printemps et &#224; l'automne. Il tombe presque partout plus d'un m&#232;tre de pluie par an. Si l'on ajoute que l'&#233;t&#233; est assez chaud partout, on comprend que la for&#234;t couvre encore les deux tiers du pays et que la culture du riz ait &#233;t&#233; la base de la civilisation japonaise. M. Fukuoka invite &#224; ne pas s'arr&#234;ter aux particularit&#233;s climatiques pour am&#233;liorer l'agriculture. N&#233;anmoins, il semble difficile de lancer son mode de culture sur une prairie dans nos climats temp&#233;r&#233;s, moins pluvieux, sans labourer. Jusqu'ici, les d&#233;marrages d'exp&#233;riences d'agriculture conventionnelle en non-labour ont souvent recours aux d&#233;sherbants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh103' id='nb103' class='spip_note' title='Notes 103' rev='footnote'&gt;103&lt;/a&gt;] Il remet m&#234;me en cause l'id&#233;e que les cendres de bois soit un bon fertilisant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh104' id='nb104' class='spip_note' title='Notes 104' rev='footnote'&gt;104&lt;/a&gt;] R.B.P., p. 62 : &#171; Si la nature est livr&#233;e &#224; elle-m&#234;me, la fertilit&#233; augmente &#187;. Toujours &#224; la page 62 : &#171; Si vous voulez avoir une id&#233;e de la fertilit&#233; naturelle de la terre, allez un jour vous promener sur le versant sauvage de la montagne et regardez les arbres g&#233;ants qui poussent sans engrais et sans &#234;tre cultiv&#233;s. La fertilit&#233; de la nature d&#233;passe ce que l'on peut imaginer. C'est ainsi. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh105' id='nb105' class='spip_note' title='Notes 105' rev='footnote'&gt;105&lt;/a&gt;] A.N., p. 199 ; il propose de 3 &#224; 6 quintaux / hectare de fumier de poules s&#233;ch&#233; pour une culture d'orge &#8211; la majeure partie juste apr&#232;s le semis, le reste pendant la p&#233;riode d'&#233;piaison. Il &#233;voque aussi la possibilit&#233; du recours aux cendres de bois ou aux excr&#233;ments animaux ou humains d&#233;compos&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh106' id='nb106' class='spip_note' title='Notes 106' rev='footnote'&gt;106&lt;/a&gt;] R.B.P., p. 63.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh107' id='nb107' class='spip_note' title='Notes 107' rev='footnote'&gt;107&lt;/a&gt;] A.N., p. 160-162. Si l'on ne trouve pas de bois ou si l'on ne peut puiser dans son stock humique, l'auteur &#233;voque notamment la plantation de bambous, car ils viennent &#224; maturit&#233; en un an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh108' id='nb108' class='spip_note' title='Notes 108' rev='footnote'&gt;108&lt;/a&gt;] R.B.P., p. 61-62 et p. 64.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh109' id='nb109' class='spip_note' title='Notes 109' rev='footnote'&gt;109&lt;/a&gt;] Pour Masanobu Fukuoka, la distribution naturelle du calibre des fruits est r&#233;parti de fa&#231;on homog&#232;ne, en une sorte de continuum.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh110' id='nb110' class='spip_note' title='Notes 110' rev='footnote'&gt;110&lt;/a&gt;] Dupont Y., Pourquoi faut-il pleurer les paysans ? in Ecologie et politique, 31, 2005, p. 25-40, p. 26 ; Bourg D., L'homme-artifice, Le sens de la technique, Gallimard, 355 p., p. 291-292.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh111' id='nb111' class='spip_note' title='Notes 111' rev='footnote'&gt;111&lt;/a&gt;] Un Masanobu Fukuoka r&#233;p&#232;tera souvent que ses &#233;tudes de biologie ne lui ont servi &#224; rien pour mettre au point sa m&#233;thode, tandis qu'un Howard attribuera plus d'importance aux pratiques paysannes et &#224; l'observation directe de la nature (le mod&#232;le forestier) qu'&#224; ses savoirs scientifiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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